Mobiliser l’Eglise pour la Mission (III)Mobiliser les ressources financières.Comment mobiliser les disciples et les églises locales pour les conduire à obéir à « l'ordre suprême » laissé par Jésus avant son ascension ? Dans ce troisième article, nous abordons la mobilisation des finances et ressources matérielles pour le travail missionnaire. Je vous conseille de compléter la lecture avec l’article « Les …
Mobiliser l’Eglise pour la Mission (III)
Mobiliser les ressources financières.
Comment mobiliser les disciples et les églises locales pour les conduire à obéir à « l’ordre suprême » laissé par Jésus avant son ascension ?
Dans ce troisième article, nous abordons la mobilisation des finances et ressources matérielles pour le travail missionnaire. Je vous conseille de compléter la lecture avec l’article « Les faiseurs de tentes » de notre site, dans la rubrique « Réalités missionnaires ».
Je commence cet article avec de simples statistiques mondiales actuelles que je vous laisse apprécier sans les commenter.
Dans leur rapport avec l’Evangile, on peut répartir les > 8 Milliards d’habitants de notre planète en trois grandes catégories :
% population mondiale | % d’envoyés chrétiens | % finances envoyées | |
Monde « christianisé » | 33% | 72% | 87% |
« Ceux qui ont accès » | 38% | 25% | 12% |
« Non-atteints » | 29% | 3% | 1% |
I/ Questions légitimes concernant le financement du travail missionnaire.
Parmi les questions souvent évoquées, en voici quelques-unes :
- Les missionnaires occidentaux coûtent très cher (à plus forte raison quand ils partent en famille, ont des frais scolaires pour les enfants, etc.)
- Ne vaut-il pas mieux investir l’argent les missions occidentales dans le soutien de travailleurs autochtones, qui dépensent beaucoup moins pour vivre au quotidien ?
- Pour un jeune missionnaire qui veut partir, la collecte de fonds constitue souvent un obstacle.
- Comment éviter la dépendance financière des églises créées en terre de mission ? Comment ne pas tomber dans le paternalisme en voulant « aider » les églises naissantes ?
Nous devons prendre garde aux solutions simplistes et aux raccourcis, car le débat est complexe. Il s’est posé à chaque étape de l’histoire des missions. Voici quelques considérations importantes :
- L’appel à la mission est d’abord un appel de Dieu, nous devons reconnaître Sa souveraineté dans ce domaine : Il appelle et envoie qui Il veut, là où Il veut.
- Dieu merci, Il appelle toutes sortes d’ouvriers dans toutes sortes de pays ! Il s’agit d’envoyer les bonnes personnes au bon endroit et pour le bon emploi.
- Dans certaines nations, il est vrai que les ouvriers nationaux peuvent se charger du travail qui reste à accomplir dans leur pays. Par exemple depuis des dizaines d’années en Inde, les régions du Sud évangélisées depuis longtemps envoient un grand nombre d’ouvriers vers le Nord.
- Cependant, dans de nombreux peuples, les ouvriers autochtones sont peu nombreux ou même n’existent pas : il faut des pionniers qui viennent de l’extérieur.
- La force, la taille et l’héritage missionnaire de pays traditionnellement « envoyeurs » sont fondamentaux, pour fournir le personnel prêt à partir et travailler dans les situations difficiles.
- En d’autres endroits, l’Eglise nationale peut être déjà forte, mais pas apte à évangéliser ses voisins, notamment pour des raisons culturelles. On voit cela dans de nombreux pays subsahariens, où des ethnies christianisées ont du mal à atteindre d’autres ethnies voisines musulmanes ou animistes pour des raisons historiques plus ou moins lointaines.
– Ainsi, les missionnaires occidentaux doivent aller là où ils sont nécessaires et performants, là où leur présence est stratégique. Si l’Eglise nationale est déjà établie ils pourront être formateurs ou spécialistes dans un domaine, ayant pour but de former les nationaux, et les aider à ouvrir et implanter des églises dans leur propre pays.
– Les missions « traditionnelles » ont appris à redéployer leur personnel et utiliser autrement leurs ressources humaines et financières. Il apparait évident que là où un personnel autochtone peut accomplir la tâche, le personnel missionnaire doit s’effacer ; et pas seulement pour des questions de coût financier, mais surtout dans le but de promouvoir l’autonomie des églises et œuvres locales.
– Les églises et les chrétiens d’occident doivent considérer comment ils utilisent leurs finances et leurs ressources : aussi bien pour ce qui est des dépenses « en interne » que les montant affectés à la diffusion de l’évangile localement, nationalement et vers les extrémités de la terre.
« Nous pouvons choisir de vivre plus simplement pour que d’autres puissent vivre tout simplement » (Paul BORTHWICK – « How to be a world class christian »)
II Quelques rappels bibliques.
Soyons clairs : pour accomplir le mandat missionnaire laissé par Jésus, nous avons besoin de finances importantes et de toute sortes de ressources. Donc le sujet vaut la peine d’être examiné.
Par expérience, alors que nous étions avec ma famille sur le champ de mission en Afrique Centrale à l’aube des années 2000, les nouveaux responsables de notre organisation missionnaire en France nous ont demandé de faire un calcul précis de nos besoins mensuels. Nous avons fait une évaluation honnête, au plus bas niveau de nos besoins : déjà, nous « coûtions » par mois trois fois plus qu’un pasteur salarié de son église en métropole !!!
On distingue trois manières de fonctionner pour collecter les fonds nécessaires à l’œuvre de Dieu. La Bible montre plusieurs modèles et méthodes, illustrés par des hommes de Dieu connus :
- La prière seule (ex : Georges Muller)
- Prière et information sans sollicitation (ex : Hudson Taylor)
- Information et sollicitation (ex : Dwight L. Moody)
- Concernant le soutien financier des envoyés en mission :
(Pour une étude détaillée : je vous renvoie à mon article « Les faiseurs de tentes » sur le même site)
Dans 1 Corinthiens 9 :7-14 Paul met en avant plusieurs images issues de la vie courante ou de la Loi de Moïse, pour enseigner le principe de la rémunération des ouvriers chrétiens en général ; même s’il a lui-même renoncé à ce principe lorsqu’il a travaillé parmi les Corinthiens.
V 14 « De même aussi, le Seigneur a prescrit à ceux qui annoncent l’Evangile de vivre de l’Evangile ».
Il confirme ce que dit Jésus en Luc 10 :7 « L’ouvrier mérite son salaire ».
Dans le Nouveau Testament, on voit deux manières principales de financer le ministère missionnaire :
- en étant « faiseur de tentes » comme Paul au début à Corinthe (Actes 18 : 2-3) ;
- ou en recevant un soutien des églises comme le souligne le même Paul aux Philippiens, qui ont pourvu à son soutien financier en tant qu’église locale (Philippiens 4 : 14-18)
Les deux manières sont légitimes. Les deux peuvent parfois se conjuguer, selon les contextes et les circonstances.
III Mobiliser des finances pour la mission mondiale.
Revenons un court instant sur nos statistiques de départ. 29% de la population mondiale, soit plus de 2,2 Milliards d’individus, sont considérés comme « non-atteints », et parmi eux de nombreux groupes de populations demeurent « sans accès » à l’Evangile. On peut considérer que ces peuples et ces personnes sont ceux qui ont le plus besoin d’entendre le message du salut en Jésus-Christ. Or, seulement 3% des envoyés et 1% des ressources financières de l’Eglise Corps de Christ sur la terre leur sont directement affectés !
Voici quelques éléments concrets à mettre en œuvre pour progresser :
1° Une bonne communication à propos de l’argent est capitale, et à tous les niveaux :
- pour que les membres des communautés locales aient des informations exactes et mises à jour de la situation de la mission mondiale, des besoins en personnes et en finances ;
- pour que les organisations missionnaires puissent démontrer que l’argent déjà envoyé arrive bien au bon endroit, et qu’il est bien utilisé ;
- pour que la confiance mutuelle entre envoyés, organisations missionnaires et églises des pays d’envoi puisse se renforcer.
2° Pour un futur ou nouvel envoyé :
La communication est essentielle avec l’église locale (et d’autres églises ou individus partenaires potentiels). L’église d’envoi joue un rôle essentiel dans l’envoi du missionnaire, pendant tout son parcours sur le champ de mission et lors des retours en congés, ainsi que lors de son retour définitif. Il faut sans cesse développer les compétences dans ce domaine : parler franchement des besoins, dans un esprit d’amour, en tenant compte du contexte dans lequel vivent les donateurs.
Une remarque : en communiquant les besoins, forgez et développez votre propre vision, car c’est elle qui motive et inspire, pour trouver des finances en vue d’apporter l’Evangile aux personnes sans Christ.
3° Cultiver un équilibre entre la prière, l’action d’informer et la confiance en Dieu.
Dans les faits, c’est développer un équilibre entre les trois manières de collecter des fonds, mentionnées au paragraphe II. Souvenons-nous toujours que la prière n’est jamais un substitut à l’obéissance
1 Jean 3 :21-22 « Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l’assurance devant Dieu. Quoi que ce soit que nous demandions, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable… »
IV Susciter les dons d’argent.
Mon objectif n’est pas ici de faire une étude approfondie sur la manière dont chaque enfant de Dieu doit gérer ses finances et quelle part il peut donner à Dieu. Je souhaite seulement montrer quelques exemples et témoignages qui démontrent une attitude juste envers les dons missionnaires.
« Les chrétiens doivent comprendre que sans leur argent, rien ne se fera » écrit Michaël Griffith avec beaucoup de conviction. Il fait écho à une exhortation de l’apôtre Jean, au sujet de « frères étrangers » qui se déplaçaient à l’époque pour partager l’évangile dans différentes églises :
3Jean 1 :6-7 « … Tu feras bien de pourvoir à leur voyage d’une manière digne de Dieu. Car c’est pour le nom de Jésus-Christ qu’ils sont partis, sans rien recevoir des païens. »
Dieu veut agir, mais Il nous rend responsables : c’est à nous de décider de notre engagement.
- Ayons la passion et la grâce de donner.
- Même si des non-croyants peuvent aider avantageusement les œuvres chrétiennes à certains moments, n’oublions pas que c’est aux disciples de pourvoir en premier aux divers besoins de l’œuvre de Dieu.
- Soyons francs et honnêtes en présentant les besoins d’argent pour des envois de missionnaires ou des projets. Le manque financier est un facteur majeur de ralentissement du travail de Dieu.
- Apprenons à dégager de l’argent pour l’œuvre de Dieu, par la prière, individuellement, en petits groupes, en assemblée locale.
George Verwer, fondateur de l’organisation « Opération Mobilisation » écrivait au seuil du nouveau millénaire : « J’estime que 35.000 jeunes se sont engagés dans le travail missionnaire d’une façon ou d’une autre. Ce qui est choquant, c’est que probablement 95% d’entre eux n’arriveront jamais à persévérer dans cette voie, et l’une des principales raisons réside dans le fait que nous n’avons pas les moyens dans de nombreux cas, de donner suite à leur engagement initial »
Paul était soutenu dans son ministère par les dons de certaines églises locales. Il n’a jamais rien exigé de personne :
- Dans Actes 13, lorsque les chrétiens d’Antioche recommandent et laissent partir Barnabas et Paul, le texte ne mentionne pas explicitement de soutien financier pour les 2 envoyés ;
- Quelques années plus tard, Paul remercie l’église des Philippiens qui l’a soutenu dans son travail pionnier à plusieurs reprises et qui l’aide encore présentement, alors qu’il est prisonnier à Rome (Philippiens 4 : 14-19).
- Et comme nous l’avons déjà mentionné plus haut, Paul affirme aux Corinthiens que « ceux qui annoncent l’Evangile doivent vivre de l’Evangile », cela inclut ceux qui sont envoyés au loin sur les champs de mission.
Paul a organisé une collecte importante dans diverses églises nées de son ministère en milieu païen, pour soutenir les frères et sœurs en difficultés à Jérusalem et en Judée. Notons l’attitude des croyants de la Macédoine.
2 Corinthiens 8 :2-5 « au milieu même de la grande épreuve de leur souffrance, leur joie débordante et leur pauvreté profonde les ont conduits à faire preuve d’une très grande générosité. Je l’atteste, ils ont donné volontairement selon leurs moyens, et même au-delà de leurs moyens, et c’est avec beaucoup d’insistance qu’ils nous ont demandé la grâce de prendre part à ce service en faveur des saints. Ils ont fait plus que ce que nous espérions, car ils se sont d’abord donnés eux-mêmes au Seigneur, puis à nous, par la volonté de Dieu. »
Dieu nous incite à exceller en une œuvre de grâce qui est le don. Comment se comportent les membres de nos assemblées dans ce domaine ? Comment envisageons nous la collecte dans la communauté ? Comment parlons-nous de l’argent, des richesses, du don financier ? Entretenons-nous le matérialisme ou la paresse ?
Enfin : sachons aussi susciter parmi le peuple de Dieu les « charismes de libéralité », mentionnés dans Romains 12 :6-8 « Nous avons des charismes différents, selon la grâce qui nous a été accordée… Que celui qui donne le fasse avec générosité… »
Le mot grec HAPLOTES, traduit ici par libéralité, contient dans sa racine le notion de quelque chose de simple, en bon état. Cela traduit bien l’état d’esprit du don en général, et particulièrement de ceux qui ont reçu la grâce du don de libéralité.
Cherchons Dieu ensemble : en croissant dans la foi et l’obéissance, mobilisons et libérons des fonds pour répondre aux besoins légitimes qui permettront à l’Evangile d’atteindre les extrémités de la terre.










