Mobiliser l’Eglise pour la Mission (II)« Mobiliser dans notre génération » Comment mobiliser les disciples et les églises locales pour les conduire à obéir à « l'ordre suprême » laissé par Jésus avant son ascension ?  Dans le deuxième article de cette série, nous abordons des questions pratiques, relatives aux questions que peuvent se poser les différentes générations face à l’engagement pour …

Mobiliser l’Eglise pour la Mission (II)

« Mobiliser dans notre génération » 

Comment mobiliser les disciples et les églises locales pour les conduire à obéir à « l’ordre suprême » laissé par Jésus avant son ascension ? 

Dans le deuxième article de cette série, nous abordons des questions pratiques, relatives aux questions que peuvent se poser les différentes générations face à l’engagement pour la mission mondiale.

I Cinq réalités scripturaires concernant la mobilisation missionnaire.

1 L’église locale est l’instrument fondamental de Dieu pour évangéliser le monde.

Dans les églises nées à partir de la Pentecôte, on voit que la stratégie des apôtres de Jésus et de ceux qui les ont suivis est toujours la même : annoncer l’évangile et le salut en Jésus-Christ ; former des disciples ; créer des communautés locales qui se reproduisent. 

Ce schéma, plutôt spontané à partir de Jérusalem (Actes 2) vers la Judée puis la Samarie et au-delà jusqu’à Antioche (Actes 11 :19-26), devient plus systématique et stratégique à partir de cette église et de l’envoi de Barnabas et Paul (Actes 13)

Actes 14 :21-23 « Après avoir évangélisé cette ville et fait un certain nombre de disciples, Paul et Barnabas retournèrent à Lystre, à Iconium et à Antioche. Ils fortifiaient l’esprit des disciples, les encourageaient à persévérer dans la foi et disaient: «C’est à travers beaucoup de difficultés qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu.» Ils désignèrent des anciens dans chaque église et, après avoir prié et jeûné, ils les confièrent au Seigneur en qui ils avaient cru. »

Ainsi, l’église locale est au centre du plan de Dieu, à la fois pour le développement local et pour l’expansion de l’Evangile jusqu’aux les extrémités du monde.

2 Le Pasteur et les dirigeants locaux ont un rôle essentiel pour motiver l’église locale pour la cause de la mission mondiale.

Quel que soit le mode de gouvernance qu’une assemblée locale adopte, les Responsables (pasteurs, anciens, ministères) ont la responsabilité de conduire les différents domaines de la vie de l’église. Même si ces responsables ne sont pas eux-mêmes appelés à aller en mission, ils doivent veiller à ce que l’assemblée fournisse sa part d’effort pour atteindre le monde pour Christ.

Malheureusement, on a vu et on voit parfois encore des vocations missionnaires brisées ou des soutiens à la mission au loin faire défaut, parce que les leaders d’une église locale ne sont pas entrés dans cette vision mondiale.

3 L’église locale doit développer intentionnellement un programme communautaire dirigé vers un objectif missionnaire. Chaque église locale a sa « personnalité » spirituelle, son appel et sa vision : en fonction du contexte où elle est implantée et en relation avec la cause de Dieu pour le monde.

En d’autres mots, la mission est ce que vous êtes en tant qu’église, pas seulement ce que vous faites ! M Griffith écrit dans « Envoyer c’est partir un peu » : « La mission doit être la personnalité de votre église, pas seulement un programme ! 

On a longtemps fragmenté les activités dans l’église, notamment pour ce qui est de l’évangélisation ou de la mission au loin. Or la Bible nous montre que tout ce que nous accomplissons dans une vie d’église doit aller dans le sens de l’ordre de Jésus : aller, faire des disciples, les baptiser et les regrouper en communautés de proximité pour les édifier et leur enseigner à observer tout ce que le Seigneur à prescrit… et le reproduire à l’infini !

Pour tout assemblée  locale, la base de la stratégie communautaire se trouve dans les paroles que  Jésus laisse aux disciples dans Actes 1 : 8 : Jérusalem (impact local) ; Judée et Samarie (impact régional et national) ; les extrémités de la terre (ministère international). Sans oublier qu’avec les notions géographiques, il faut aussi inclure les implications culturelles.

Ainsi, les leaders locaux doivent inviter les membres de la communauté à prendre conscience de leur responsabilité face à la tâche mondiale, puis engager les croyants  dans des occasions de servir qui correspondent au temps présent. Chaque église, quelle que soit sa taille, peut ainsi être impliquée dans le soutien de personnes envoyées en mission pionnière, ou le soutien de tel ou tel projet, ou la prière pour tel ou tel peuple, etc.

 4 L’église locale doit prendre conscience de la dynamique de sa génération.

M Griffith écrit encore : « Chaque génération doit reconsidérer les besoins propres à son époque et ses réalités ». 

C’est comme si chaque génération poursuit ce que les précédentes ont accompli, en gardant les principes bibliques fondamentaux, mais en adaptant sa perspective et ses stratégies aux réalités des  nouvelles générations. Pour atteindre la génération présente, il faut être contemporain, tranchant, contextuel !

Regardons comment est composée notre église locale et quelles générations sont présentes ? Les leaders locaux  doivent se montrer très flexibles, s’ils veulent conduire l’église avec Dieu en mission, jusqu’aux extrémités de la terre.

5 La mobilisation est un processus, et non quelque chose d’instantané.

Donc c’est un effort dans le temps. Le processus peut être résumé en trois étapes :

  • Il faut d’abord susciter une conviction biblique. Si nous abordons la question de la mobilisation sans une bonne compréhension selon les Ecritures du cœur de Dieu pour le monde et pour la cause du monde, nous ne lui donnerons jamais priorité dans l’église locale. Rappelons-nous toujours que la base de la mission pour le monde, c’est le cœur de Dieu ! C’est lui qui engendre la compassion, la vision et ensuite les actions concrètes – Voir notre article Mobiliser pour la mission (I) 
  • Ensuite : il faut travailler, jusqu’à ce que ces vérités deviennent une part de la philosophie de vie et du ministère de chaque croyant. Ainsi, la manière dont les gens voient la vie va changer. Ils vont se voir eux-mêmes différemment, comme un élément essentiel de la cause de Dieu pour le monde.
  • Ensuite : les leaders locaux,  doivent fournir aux gens les moyens pratiques de s’investir, des outils concrets pour leur engagement, afin qu’ils puissent utiliser leurs dons, ressources et compétences pour la cause du Seigneur dans le monde.

II Autres principes contemporains pour la mobilisation :

1 La personnalisation est un principe-clé pour stimuler l’église locale pour la mission mondiale.

Ce que j’appelle dans ce contexte « Personnalisation » signifie : chaque croyant utilise ses dons, ses compétences, ses ressources, pour la cause mondiale de Dieu, pour rassembler les gens vers LUI. »

Nous devons faire prendre conscience aux croyants qu’ils ont de la valeur aux yeux de Dieu,  et qu’ils  ont un rôle vital  dans Son Royaume. La personnalisation revêt deux aspects :

  • L’identification : les croyants doivent pouvoir s’identifier avec un missionnaire, un projet, ou un but précis. Alors, il va en résulter un désir d’entrer en relation avec les personnes engagées sur et pour ce terrain missionnaire d’une manière significative.
  • L’engagement est le second aspect complémentaire : la relation conduit à un engagement dans la tâche missionnaire.

Or, pour les jeunes générations, relation et engagement sont deux notions qui ont du sens !

Matthieu 6 : 21 « Là où est ton trésor, là est aussi ton cœur ». Notons que l’inverse est également vrai : « Là où est notre cœur, là est notre trésor » ! 

Quand nous mettons en œuvre le principe de la personnalisation, nous disons en fait aux autres  « Permettez-nous de faire avec vous » ! Alors, nous apprenons ceci : lorsque les personnes sont engagées, les ressources suivent !

Voici un témoignage de ce que la personnalisation produit aussi dans les églises qui envoient : « Nous voyons de plus en plus de Pasteurs renouvelés dans leur ministère, alors qu’ils reçoivent une nouvelle vision pour l’église locale et pour eux-mêmes ! Ils commencent à voir leur rôle, et celui de leur église, avec une nouvelle perspective. Par le moyen de la personnalisation, ils découvrent des chemins enthousiasmants et efficaces pour influencer le monde pour Christ. De nouvelles ressources sont libérées pour le Royaume de Dieu ! De plus en plus de personnes sont engagées dans la mission à long terme, ou dans des partenariats avec de missions, notamment par des séjours à court terme sur le terrain. » 

2 Passer du concept du « soutien missionnaire », vers celui de « partenariat en mission ».

Le concept missionnaire traditionnel a longtemps consisté à dire aux membres d’églises : « Soutenez financièrement ceux qui partent,  afin qu’ils accomplissent le ministère en notre nom ». 

Pour la majorité des dénominations, l’approche traditionnelle était assez institutionnelle, disant aux églises locales : « Vous nous donnez les ressources, et nous allons faire le travail missionnaire pour vous ! ». Dans les missions inter dénominationnelles, le missionnaire faisait un appel personnel pour son soutien ; mais, même dans ce cas, les églises ont rarement établi une relation qui conduit au partenariat, tant dans les relations avec les envoyés que pour des projets précis.

Ces principes et stratégies pu servir efficacement avec les générations précédentes ; mais ils ne correspondent plus aux générations actuelles, en raison des divers points énumérés plus haut. Et parce que précisément, les jeunes générations souhaitent une expression concrète de la personnalisation. Pour elles, il apparaît que le partenariat est une notion efficace. 

3 Les missionnaires ne doivent pas se considérer seulement comme « exécutants » de la tâche missionnaire : dans leur église d’envoi et dans leur pays d’origine, ils sont aussi des mobilisateurs pour lever des ressources pour l’évangélisation locale et vers les destinations lointaines. 

On note ainsi une interaction et une réciprocité plus grandes entre « Jérusalem, la Judée, la Samarie et les extrémités de la terre » ou pour être plus contemporain : entre les « champs locaux » et « les champs de mission lointains ».

  • Cela signifie un changement important dans la mentalité des envoyés, qui travaillent pour leur champ de mission, tout en continuant à contribuer à distance pour leur église d’envoi ;
  • Et aussi un changement dans la manière dont les agences missionnaires envisagent  leur rôle dans l’effort missionnaire. 

Les missionnaires eux-mêmes reconnaissent qu’ils peuvent accomplir beaucoup plus par le moyen de partenariats qui rassemblent et multiplient les énergies (on parle de synergie), que ce qu’ils pourraient faire  seuls.

Missionnaires et agences missionnaires doivent se considérer comme serviteurs, facilitateurs, et partenaires avec l’église locale, pour la cause  mondiale. Plus cette pensée nouvelle fera son chemin, plus  les églises seront proches du modèle du Nouveau Testament, ; et plus elles rempliront le rôle que le Seigneur leur a donné, car l’effort missionnaire sera accru !

Terminons avec un autre témoignage d’une église américaine en milieu rural : elle a adopté les principes précédents. En un an, ses dons missionnaires ont été multipliés par huit, par rapport à l’année précédente. Ils ont engagés cinq partenariats missionnaires différents, sur des continents différents,. De plus, la 1ére année, un tiers de leurs membres sont partis pour de courts séjours en mission, dans le cadre des partenariats. Plus tard, entre 15 et 20 personnes se sont engagés pour la carrière missionnaire à long terme. Ils n’auraient jamais rêvé de pouvoir toucher le monde d’une manière aussi significative, depuis leur campagne !

Une vision pour le monde ne diminue en rien la vision locale : ce n’est pas l’un ou l’autre, mais l’un et l’autre ! Beaucoup de Pasteurs peuvent témoigner que les bénédictions locales se sont multipliées, à mesure que leur vision pour le monde s’est développée.

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