Les Enfants de Troisième Culture (I)Dans cette série de plusieurs articles nous vous proposons de découvrir le concept de « Troisième Culture » et quelques implications majeures dans la vie et le développement des enfants de missionnaires qui naissent ou grandissent hors de la culture de leurs parents. On les appelle « Enfants de Troisième Culture » (ETC).Nos sources :  …

Les Enfants de Troisième Culture (I)
Dans cette série de plusieurs articles nous vous proposons de découvrir le concept de « Troisième Culture » et quelques implications majeures dans la vie et le développement des enfants de missionnaires qui naissent ou grandissent hors de la culture de leurs parents. On les appelle « Enfants de Troisième Culture » (ETC).

Nos sources :  « Third Culture Kids » de David C. POLLOCK et Ruth VAN REKEN

et : « Un enfant, deux cultures » de Cathy SCHMID   

Article 1 : Qui sont les enfants de troisième culture

Ces enfants ont grandi dans un monde qui n’est « ni l’un, ni l’autre » : ce n’est pas pleinement le monde et la culture (ou les cultures) de leurs parents, ni pleinement le monde de la (ou des) culture(s) dans lesquelles ils ont grandi.

Ils suivent un processus : ils vivent d’abord dans une culture dominante, puis se déplacent dans une autre (ou deux – ou trois –  avec chaque fois au milieu des allers et retours dans le pays d’origine). Les enfants de troisième culture développent leurs propres modèles, leur style de vie, différents de ceux qui sont nés et ont grandi dans un seul endroit. 

  • Définitions : 

« Un Enfant de Troisième Culture (ETC en français – TCK en anglais) est une personne qui a passé une partie importante de ses années de croissance dans une culture autre que celle de ses parents. Elle développe des relations avec chacune de ces cultures et s’identifie dans une certaine mesure avec elles, mais elle ne se considère pourtant pas comme faisant intégralement partie d’elles. Même si différents éléments de chaque culture s’assimilent à son expérience et influencent son système de valeurs et son mode de vie, son sentiment d’appartenance va vers ceux qui ont un vécu semblable au sien. »  (Cathy SCHMID : « Un enfant, deux cultures »    page 7)

  • Pourquoi une « Troisième Culture » ?

Ce terme désigne une culture de synthèse entre la culture du pays d’origine et celles des différents pays d’accueil.  Il est apparu dans les années 1950 par la Dr Ruth USEEM, puis étudié dans les années 1980 par le Dr David POLLOCK et la Dr Ruth VAN REKEN.

Les gens qui séjournent un certain temps à l’étranger développent un style de vie différent à la fois de leur culture d’origine et de leur culture d’accueil, mais qu’ils partagent avec les autres expatriés, dans le même lieu.

L’expression « troisième culture » désigne donc une synthèse de la culture des parents (première culture) et de la ou des culture(s) d’accueil (deuxième culture).

Voici deux réalités qui entourent l’expérience d’un ETC, et qui ont formé sa vie :

– Il a grandi dans un monde authentiquement transculturel. L’ETC n’a pas seulement été spectateur, ou étudiant d’une autre culture : il a réellement vécu dans des mondes et des cultures différentes avec lesquels il a expérimenté des interactions profondes.

– Il a grandi dans un monde très « mobile ». Pour un ETC, la mobilité est normale. Lui même et les gens qui sont autour de lui bougent et changent continuellement. Et son environnement change aussi régulièrement.

Voici d’autres caractères communs aux ETC :

  1. Un sens marqué de la différence. Beaucoup de ETC grandissent dans un environnement où ils sont physiquement différents des autres qui les entourent, et cela constitue un aspect majeur de leur identité. Même s’ils peuvent ressembler extérieurement à ceux de la culture d’origine ou de la culture d’accueil, les ETC ont souvent une perspective du monde fondamentalement différente des autres gens de leur âge.
  2. Ils sont dans l’attente d’un retour tôt ou tard « au pays de leurs parents ». A la différence des immigrants, les familles de 3ème culture espèrent rentrer un jour dans leur pays de façon permanente.
  3. Un style de vie privilégié ou particulier. Notamment ceux qui appartiennent aux missions diplomatiques, à l’armée, etc. Même les familles missionnaires ont certains  avantages par rapport à ceux qui grandissent dans leur milieu d’origine (domestiques à la maison, voyages dans divers pays, connexion avec diverses langues, etc.)
  4. Une identité liée à un système. Les membres de certaines communautés de 3ème culture sont  parfois très conscients qu’ils représentent quelque chose de plus grand qu’eux – un gouvernement, une société, ou Dieu. L’employeur oblige parents et enfants à maintenir un certain comportement. 
  • Quelques conséquences liées à la vie dans plusieurs cultures :

Les ETC restent des personnes à part entière !

Cela signifie qu’ils ont les mêmes besoins que les autres enfants de leur âge, notamment pour apprendre à bâtir des relations dans lesquelles ils aiment et sont aimés. Ils ont besoin d’un but et de signification dans leur vie. Ils ont les mêmes capacités de créer, penser, apprendre, faire des choix, etc.

Ils ont passé une partie importante de leurs années de croissance hors de la culture des parents. Ainsi, l’impact de la culture d’accueil varie en fonction de divers critères :

  • l’âge de l’enfant ;
  • le nombre d’années qu’il passe dans cette culture et hors de celle d’origine ;
  • sa participation et son degré d’implication dans la culture d’accueil ;
  • son type de personnalité.

Toute expérience de vie dans une autre culture affecte la personne, adulte ou enfant. Cependant pour un ETC, cette expérience intervient au cours des années où se forment fondamentalement en lui le sens de son identité, ses relations avec les autres, et sa vision du monde. Il va devenir un « adulte de troisième culture », simplement parce que sa vie s’est développée à partir des racines plantées et arrosées par son expérience de troisième culture.

Les ETC construisent des relations avec chacune des cultures, mais sans s’approprier pleinement l’une ou l’autre.

Ce fait de ne pas posséder pleinement une culture donne un sens d’appartenir « partout et nulle part » à la fois. Cela explique pourquoi beaucoup de ETC semblent « sans racines », parfois « sans repos » !

…Même si certains éléments de chaque culture sont intégrés dans son expérience de vie. 

Chaque ETC est façonné de multiples façons par la ou les culture(s) d’origine de ses parents, et par la ou les culture(s) d’accueil. Quelques éléments visibles comme la langue, la nourriture, les habitudes culturelles, etc. sont facilement perceptibles ; mais il y en a d’autres, plus liés à la personnalité interne et plus cachés. Comprenons bien que la troisième culture est plus qu’une somme totale des morceaux de chaque culture !

Le sentiment d’appartenance des ETC va d’abord vers ceux qui ont un vécu semblable au sien. Tout autour du monde, c’est comme si les ETC sentent instinctivement cette connexion quand ils se rencontrent. Leurs points communs dans leurs sentiments et leurs expériences dépassent nettement leurs différences. Ils se comprennent et se connectent instantanément.

(Dans un article suivant, nous verrons pourquoi une enfance en milieu transculturel a un grand impact sur chaque ETC)

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