Facteurs qui engendrent un excès de stress ou un état de crise en Mission« Les instruments dont on prend soin et qu’on utilise de la bonne manière sont plus performants et durent plus longtemps »Cet article se compose de deux parties :La première partie énumère un certain nombre de « facteurs déclenchants », que chacun peut rencontrer dans …
Facteurs qui engendrent un excès de stress ou un état de crise en Mission
« Les instruments dont on prend soin et qu’on utilise de la bonne manière sont plus performants et durent plus longtemps »
Cet article se compose de deux parties :
La première partie énumère un certain nombre de « facteurs déclenchants », que chacun peut rencontrer dans la vie courante, mais qui prennent parfois une ampleur excessive quand on vit en situation transculturelle. Les différents points abordés ici ne sont pas approfondis ; certains d’entre eux sont repris dans d’autres articles sur ce site.
La seconde partie est une liste de quelques compétences importantes que nous conseillons aux missionnaires de développer pour répondre aux défis de leur carrière en mission et anticiper sur certaines crises potentielles.
1/ Des facteurs liés à la croissance personnelle des envoyés.
- Tenir compte des étapes du développement psychosocial et personnel de chaque individu (Voir les travaux de ERIKSON par exemple sur les étapes de développement psychosocial à l’âge adulte).
- Prendre en compte les transitions spécifiques que vivent les missionnaires et les étapes successives du cycle missionnaire.
- Bien connaître nos racines personnelles et avoir réglé les problèmes liés au passé : la vie avant la conversion ; les héritages familiaux et générationnels ; les influences culturelles et spirituelles anciennes, etc.)
- Bien connaître votre profil de personnalité, avec points forts et points de surveillance.
Voici quelques dangers potentiels
- des besoins fondamentaux non comblés pendant l’enfance (voir la pyramide de MASLOW).
- des événements traumatiques passés non réglés
- des racines liées à notre milieu d’origine et notre passé, qui n’ont pas été traitées.
- L’influence de mauvais styles d’autorité et de leadership que la personne a connus.
Voici quelques conséquences rencontrées au travers de comportements inadéquats, parfois pathologiques : des attentes irréalistes ; des attitudes destructrices ; une fragilité et des points de sensibilité sur le plan émotionnel (besoin de guérison intérieure) ; une absence de limites ; une absence de marges ; une préoccupation excessive des performances ; un contrôle excessif et le manque de lâcher-prise ; etc.)
2 Les difficultés d’adaptation culturelle.
Voici quelques exemples :
- un choc culturel prolongé pour ceux qui arrivent ;
- des déficits dans l’adaptation culturelle à moyen et long terme ;
- un phénomène d’usure pour ceux qui sont sur le terrain depuis longtemps ;
- le stress cumulatif lié à la vie en milieu transculturel.
3 La vie de famille – ou le célibat.
– difficultés de relations dans le couple liées au contexte : surmenage ; manque d’intimité ; manque de prière en couple ; ministère séparé de l’homme et de la femme ; autre.)
– addiction(s) de l’un ou des deux conjoint(s).
– difficultés dans l’éducation des enfants liées à la scolarité ; la vie de la cellule familiale ; le passage à l’adolescence ; les loisirs – autres.
Pour la personne célibataire : il s’agit d’assumer son célibat dans le cadre de l’expatriation, avec des difficultés spécifiques telles que : comment gérer la solitude en mission – comment résister aux tentations – vivre en proximité avec des familles missionnaires – etc.
4 Les relations dans une équipe de travail.
Voici quelques défis particuliers aux équipes missionnaires :
– l’adaptation en équipe multiculturelle, avec toutes les différences que nous avons d’une culture à une autre ;
– les différences de générations, qui peuvent se cristalliser dans des domaines précis comme : le style de leadership ; l’approche transculturelle, etc.
– la compréhension des étapes d’évolution d’une équipe ;
– des conflits mal gérés.
5 Les relations avec la population autochtone.
Selon les contextes, la relation avec des expatriés missionnaires pourra revêtir de la part des locaux un caractère de : bienveillance ou mépris ; confiance ou défiance ; accueil ou rejet ; proximité ou curiosité ou évitement ; etc.
6 Les questions financières.
Les personnes en mission peuvent expérimenter :
- le manque de ressources financières pour soi-même, pour sa famille, pour les projets en cours, etc.
- un sentiment d’impuissance face à de grands besoins, avec des budgets restreints ;
- une certaines culpabilité de « paraitre riche » face à des population pauvres.
7 Le manque de satisfaction dans le travail.
- un manque d’opportunités sur le terrain ; des frustrations récurrentes dans l’accomplissement des projets prévus ; des talents mal utilisés ;
- un cahier de charges non respecté ou non défini à l’avance ;
- des pressions externes de fournir des résultats et/ou des attentes trop importantes de la part des autochtones, de l’église ou de l’organisation d’envoi, de l’équipe locale, etc.).
8 Des conflits avec l’organisation missionnaire.
- absence de code éthique précis dans l’agence missionnaire ;
- manque de clarté dans la philosophie du ministère au sein de l’organisation ;
- manque de définition des rôles, des cahiers de charges, des fiches de poste ;
- manque de clarté dans les schémas de prise de décisions ;
- manque d’accompagnement missionnaire (Membercare) et de suivi pastoral ;
- perte de vision ;
- mauvaise communication avec l’agence missionnaire ;
- autres.
9 Problèmes liés à une crise personnelle :
- sur le plan spirituel ou dans la santé ou dépression (burn-out) ou autre ;
- sentiment brutal exacerbé de solitude dans l’expatriation (même pour des gens mariés) ;
- crise existentielle.
10 Un événement traumatisant ou une crise brutale
Toutes sortes d’événements externes et imprévisibles peuvent survenir et engendrer de l’insécurité, de la terreur et même la nécessité de devoir partir en urgence (guerre civile, coup d’état, catastrophe naturelle, prise d’otage ou agression vis-à-vis des expatriés, persécution brutale, etc.
Face à ces dangers et crises potentielles, deux réponses sont à mettre en œuvre par les organisations qui envoient :
- Bien préparer à l’avance ceux qu’on envoie et les avertir sur ces dangers potentiels ;
- Développer leurs compétences et leur résilience tout au long de leur parcours en expatriation, en offrant un accompagnement missionnaire et des possibilités de formation continue.
Quelques compétences particulières que les missionnaires doivent développer
1 La vie spirituelle personnelle :
– leur relation personnelle avec Dieu ;
– leur capacité de se nourrir et se ressourcer spirituellement avec et dans la Parole de Dieu ;
– développer leur appel personnel et toute sa spécificité ;
– développer la vie spirituelle en communauté : prière en équipe ; vie en église locale (quand c’est possible)
– développer l’être avant le faire.
2 Le caractère chrétien :
– Entretenir un esprit de service, un cœur de serviteur, l’humilité ; la joie de servir ;
– En mission : la réputation de l’évangile est fortement liée à celle de ses premiers représentants ;
– Toujours garder de bonnes motivations pour le travail qui est accompli ;
– Développer la résilience personnelle.
3 La capacité de communiquer et les capacités relationnelles
– avant le départ : dans la mesure du possible, l’envoyé doit avoir bien réglé toutes ses relations (travail séculier ; église locale ; famille élargie etc.)
– avant le départ : bien connaître l’organisation missionnaire de l’intérieur : les personnes, l’éthique de l’organisation, la vision, les process de prise de décisions et de communication ; etc.
– Sur le terrain : toujours améliorer la communication avec les locaux et la capacité de leur transmettre l’évangile.
4 Les capacités d’adaptation dans une vie hors de la culture d’origine
Face aux comportements, pratiques et modes de relation sur le terrain de mission, il s’agit de distinguer : 1/ ce qui est culturel – 2/ ce qui est fondamentalement biblique et ce qui ne l’est pas – 3/ ce qui est une interprétation culturelle d’un principe biblique.
A partir de là, chacun pourra ajuster ses positions, ses comportements sa participation ou non à tel événement local ou fête ou rituel, etc.
5 La capacité de gérer le stress
Voici quelques points à vérifier et éventuellement travailler avec les envoyés avant le départ sur le champ de mission :
- l’impulsivité dans le caractère et notamment la prise de décisions
- quel degré d’attachement à la famille d’origine, aux amis, au pays d’origine ?
- quelle capacité de gérer l’insécurité et les situations imprévues ?
6 La capacité de travailler en équipe
Les attentes et motivations de chaque envoyé doivent être bien clarifiées avant le départ, et ensuite régulièrement vérifiées :
- vis-à-vis des autres missionnaires
- vis-à-vis des autochtones
Comment la personne envisage-t-elle la gestion des conflits ?
Comment s’adapte-t-elle à différents styles de leadership ? Comment voit-elle le rôle du chef d’équipe, la participation des membres, la prise des décisions, etc.
- définir la redevabilité envers les autorités spirituelles et organisationnelles.
7 Combat spirituel
Tout champ de mission est un terrain de bataille et de confrontations spirituelles. Nous conseillons aux envoyés :
- d’être formés sur les bases bibliques du combat spirituel ;
- d’étudier à l’avance les croyances et les religions locales, pour identifier quels types de combats les attendent et quelles prières pourront être adaptées (ex : sorcellerie ; idolâtrie et animisme ; fausses religions ; etc.)
8 Une préparation qui s’adresse à la famille tout entière :
- renforcer l’unité familiale et l’unité du couple dans tous les domaines ;
- tenir compte des besoins des enfants de 3e culture (ils sont partenaires actifs).
9 Un bon équilibre dans la santé physique, émotionnelle, intellectuelle :
- connaître ses besoins de loisirs et de détente et savoir les combler sur le terrain ;
- définir les besoin d’équilibre entre travail et temps de pause, ainsi qu’une hygiène de vie quotidienne, hebdomadaire (principe du Sabbat), annuelle (temps de congés) et sur le long terme ;
- développer régulièrement de nouvelles compétences personnelles : formation technique continue, langues, compétences professionnelles, approfondissement spirituel, etc.
10 Entretenir une base de travail solide avec :
- l’église d’envoi et le cercle d’amis ;
- la base missionnaire d’envoi ;
- les autres interlocuteurs de l’organisation missionnaire ;
- divers partenaires sur le champ de mission.
« Les instruments dont on prend soin et qu’on utilise de la bonne manière sont plus performants et durent plus longtemps »










