7 questions pour éviter de chuter dans le ministèreDietrich Bonhoeffer, en 1934, après qu’Hitler ait fait tuer par ses troupes SS  plus de 200 personnes qui s’opposaient au parti nazi, Bonhoeffer se leva pour donner un message. Il a surpris sa communauté en les exhortant à « ne pas juger mais à se repentir », en se référant aux mots …

7 questions pour éviter de chuter dans le ministère
Dietrich Bonhoeffer, en 1934, après qu’Hitler ait fait tuer par ses troupes SS  plus de 200 personnes qui s’opposaient au parti nazi, Bonhoeffer se leva pour donner un message. Il a surpris sa communauté en les exhortant à « ne pas juger mais à se repentir », en se référant aux mots de Jésus dans Luc 13:1-5. Dans une lettre qu’il a écrite à son ami Erwin SUTZ il a précisé : « C’est nous qui devons-nous convertir, pas Hitler. »

Le fiasco de certains « leaders vedette » devrait nous amener à réfléchir à un certain nombre de questions concernant le pastorat, la formation de disciples et le leadership. Nous devons nous repentir de la manière dont nos âmes ne sont pas soignées et nourries dans la vérité. Nous devons nous repentir d’avoir établi des cultures d’Églises où la soumission mutuelle et une autorité sainte ne sont pas pratiquées. Nous devons nous repentir de la culture omniprésente et dysfonctionnelle de pasteurs célèbres qui domine une grande partie du monde évangélique, pentecôtiste et charismatique. Nous devons nous repentir. 

Voici quelques questions qui nous rappellent notre propre côté obscur et notre besoin de grâce. 

1. Est-ce que je vis dans la vérité, en tant que leader ou responsable, y-a-t-il des domaines où je manque d’intégrité ?

L’intégrité ne consiste pas à vivre quelque chose parfaitement, mais à lutter contre, ou pour, quelque chose fidèlement. En tant que pasteurs et leaders spirituels il n’y a pas d’alternative pour dénoncer honnêtement les mensonges et les illusions qui déforment nos vies. Est-ce que j’ai vraiment une vie de prière ? Est-ce que je m’enracine dans des pratiques qui me fondent dans l’amour de Dieu ? Est-ce que ma vie avec Dieu est une vie de confession et de repentance ? Comme l’a dit RON  ROLHEISER : « Nous ne sommes jamais aussi bien portant que lorsque nous confessons nos péchés. »

2. Ai-je des amitiés qui m’aident à affronter mon côté obscur ?

Est-ce que nous avons des amis qui nous disent la vérité avec amour ? Est-ce que nous prenons le temps d’établir des relations spirituelles qui nous fournissent le contexte pour notre repentance ? On peut ressentir à un moment que l’attrait du leadership fait grandir le désir d’isolement. 

Pour lutter contre les défis et les tentations liés au pouvoir, nous avons besoin d’espaces privilégiés où nous pouvons parler en toute sincérité et liberté. Une relation régulière avec un ami de confiance ou au sein d’un petit groupe de pairs qui choisissent de se rendre redevables les uns aux autres fournissent une aide précieuse. Ne négligeons aucune forme d’aide que nous pouvons obtenir.

3. Est-ce que je me soumets à l’autorité volontairement, avec joie et transparence ?

Je n’aime pas qu’on me dise quoi faire. Je veux prendre les commandes. Je veux informer les autres et non leur demander leur permission. Pourtant, la soumission aux autres est essentielle dans notre ministère. 

Je suis reconnaissant de rendre compte à un conseil d’aînés qui me posent des questions difficiles. Se soumettre à une autorité de manière saine est un combat pour beaucoup, pour de multiples raisons. Même si je sais que Dieu me protège, j’ai besoin du regard de mes collaborateirs, de leurs questionnements bienveillants, de leurs corrections, pour être sûr d’avancer dans la bonne direction et de manière juste..

4. Quelles sont les limites (temps, énergie, puissance, argent) que je suis actuellement en train de franchir ?

Nos âmes sont en danger quand nous dépassons nos limites. On pourrait même dire que c’est l’essence du péché, comme on le voit dans le jardin d’Éden. Dieu a posé une limite, que Adam et Eve ont volontairement et consciemment franchie. Chaque fois que nous franchissons nos limites, nous entrons sur le territoire de Satan. 

Quelles sont les limites que nous franchissons ? Travaillons-nous sans arrêt ? Gérons-nous nous mal l’argent ? Abusons-nous de notre pouvoir ? Prenons-nous la place  de Dieu ? Respectons-nous le sabbat ? Jouons-nous avec nos enfants ? Avons-nous une vie en dehors de du « travail que nous accomplissons à l’église ? Etc. 

5. En tant que leader chrétien, quels « droits » est-ce que je pense avoir ?

Un pasteur écrit : « Lorsque je suis devenu pasteur principal de notre église, mon prédécesseur m’a dit : « Félicitations, tu ne pourras plus te garer sur le parking de l’église ! »

J’ai été choqué. Est-ce que les pasteurs ne devraient pas avoir une place privilégiée de parking ? Derrière cela, une question culturelle plus profonde émerge clairement ici : « En tant que pasteur principal, n’ai-je droit pas droit à un traitement spécial ? ».  Certes, il existe un autre extrême où les pasteurs ne sont pas suffisamment soignés, encouragés et soutenus, mais au cœur de cette question se trouve ces droits que je pense avoir. Je dois toujours me rappeler que j’ai été appelé pour diriger ma communauté et les autres en les servant !

6. Ai-je des temps d’accompagnement personnel pour apprendre à me connaître ?

L’accompagnement et la thérapie sont des dons. Un pasteur témoigne : « Lorsque je suis devenu membre du personnel, j’ai fait faire une évaluation psychologique, qui a révélé un manque d’empathie nécessitant un travail important. Dans le cadre de ma règle de vie pastorale, il m’a été demandé d’apprendre à mieux me connaître, en profitant de l’expertise professionnelle de sages thérapeutes. »

Effectivement, je crois que chaque responsable chrétien à besoin de périodes d’évaluation en étant accompagné par une ou des personnes compétentes ; notamment dans les périodes de transition ou aux « carrefours importants » de notre vie. Il y a même parfois besoin de thérapie. 

L’image de nous projetons et  celle que nous recevons des autre ; le pouvoir dont nous pouvons disposer ; le stress que nous portons régulièrement ; etc. exigent des rythmes de croissance de la conscience de soi, de peur que nous n’abusions de notre pouvoir, ou que nous devions nous effondrer sous les charges. 

7. Marié, mon conjoint a-t-il le droit de partager avec les responsables de mon Église comment les choses se vivent à la maison ?

En tant que pasteurs et leaders mariés, nous sommes appelés à diriger à partir de notre mariage. De plus, en tant que dirigeants chrétiens mariés, l’objectif d’un bon mariage n’est pas de maintenir une base pour le ministère. Le mariage doit être la base d’une vie enracinée dans une alliance d’amour profond et intime ; c’est de là que nous sommes formés par Dieu, et à partir de là que nous conduisons les autres.

Une façon de repérer les zones de croissance et de guérison est d’inviter notre conjoint, ceux qui nous connaissent le mieux, à donner honnêtement leur avis sur la façon dont les choses se passent à la maison. Nous ne sommes pas des PDG. Notre vie familiale ne peut pas être dissociée de notre « vie d’église ». Une façon d’aller vers la plénitude est de créer un espace pour ce genre de conversations.

Certes, de nombreuses autres questions doivent être résolues, mais selon les termes de Bonhoeffer, « c’est nous qui devons-nous convertir » !

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