La face cachée du leader : les dangers des côtés sombres. (d’après le livre : « Overcomming the darkside of leadership”)Nous présentons dans cet article cinq types de comportements de leadership qui s’appuient sur le « côté sombre ou caché » de la personnalité du leader, et les dangers qui en résultent pour ceux qui travaillent …
La face cachée du leader : les dangers des côtés sombres. (d’après le livre : « Overcomming the darkside of leadership”)
Nous présentons dans cet article cinq types de comportements de leadership qui s’appuient sur le « côté sombre ou caché » de la personnalité du leader, et les dangers qui en résultent pour ceux qui travaillent avec lui ou sous sa responsabilité.
1 Le leader compulsif :
On appelle compulsion : une force intérieure par laquelle un individu est amené irrésistiblement à accomplir certains actes, et à laquelle il ne peut résister sans angoisse.
Dans le contexte du leadership, Compulsif signifie :
« Le besoin de maintenir un ordre et un contrôle absolu ».
Ce type de leader se présente souvent comme : Très attaché à la notion de prestige, il cherche à être sécurisé et approuvé par les personnes qui détiennent une autorité supérieure ; Généralement « drogué de travail »
Il essaie de contrôler toutes les activités, et de maintenir tout en ordre.
A certains moments, il se montre extrêmement moralisateur, scrupuleux, et critique envers les autres. Au fond de son cœur, il entretient souvent une attitude de colère et de rébellion parce qu’il n’arrive pas à exprimer ses vrais sentiments de manière appropriée, il réprime sa colère et son ressentiment.
Exemple biblique : Moise dans Exode 18 et Nombre 20 :7-13
Les tendances compulsives peuvent engendrer :
Une rigidité personnelle et dans l’organisation qui étouffe la créativité et sape les relations avec les autres Un environnement de propre justice et de légalisme qui aliène ceux que nous voulons conduire.
Un dirigeant « drogué de travail » ou qui va exploser douloureusement sur la plan émotionnel (dépression). Ceci peut le conduire à un burn-out complet. Une rébellion ou une aliénation chez ceux qui ne supportent plus d’être contrôlés et qui réagissent ; dans ces conditions, leur foyer comme l’église peuvent se fracturer.
II Le leader narcissique : Pour un leader narcissique, le monde tourne autour de l’axe de son « ego ». Les autres et les circonstances sont absorbés par son besoin de se concentrer sur lui-même, et gravitent autour de lui. En arrière-plan : il est centré sur lui-même et très insécurisé, à cause de profonds sentiments d’infériorité. Il est souvent insatisfait de son succès et se retrouve désabusé de la vie. Ce type de leader se montre souvent : avide de succès, il éprouve un profond besoin d’être admiré et adulé ; éprouvant un sens exagéré de son importance. ; porteur de grandes ambitions, parfois de fantaisies grandioses ! Exemple biblique : le roi Salomon (voir Ecclésiaste 2 :4-10) A certains moments, Il n’a pas hésité à violer certains principes bibliques (Deutéronome 17: 16-17) ou à utiliser les autres pour réaliser ses projets et pour sa promotion personnelle (1 Rois 12: 4).
Les tendances narcissiques peuvent engendrer : Le fait d’exploiter ceux que nous sommes appelés à conduire. Au lieu de répondre aux besoins des autres, ce type de dirigeant voit les autres comme des « instruments » qui servent à satisfaire son appétit insatiable de réalisations grandioses et meilleures. Des églises qui s’effondrent sous le poids financier de projets de constructions dont elles n’avaient pas besoin ou qu’elles n’étaient pas en mesure de payer, simplement dans le but de permettre à un dirigeant insécurisé de se sentir bien pour un moment ; Parfois, des pratiques illégales ou contraires à la morale, alors que le dirigeant veut absolument réussir, sans tenir compte du prix qu’il faut payer.
III Le leader à tendance paranoïaque :
On est ici en présence d’un leader qui a constamment peur des circonstances et des autres, dès lors qu’il les perçoit comme une menace à son autorité ou qu’ils peuvent faire de l’ombre à sa position – Ces menaces peuvent être réelles ou imaginaires. En arrière-plan : Il éprouve des sentiments très forts d’insécurité et de manque de confiance en lui-même. Ce type de leader se présente souvent comme : très suspicieux, hostile, toujours sur la défensive, jaloux ; très attentif à toutes les actions des autres, il leur prête volontiers des intentions subjectives et/ou des motivations négatives ; ayant besoin de structures rigides pour contrôler les autres, et pour limiter l’autonomie de ses collaborateurs. Exemple biblique : le roi Saul – Sa méfiance extrême et son insécurité intérieure l’on conduit à la désobéissance ouverte envers Dieu (1Samuel 13 et 15) ; à des décisions erronées (1 Samuel 14 :24-30) ; et à pourchasser celui que Dieu avait oint à sa place. Les tendances paranoïdes peuvent engendrer : Un état permanent de déni chez le dirigeant ; Une méfiance terrible au sein de l’équipe et des autres dirigeants, un combat de type « guérilla » au sein de l’église ou l’organisation ; Une incapacité à apprécier une véritable communion avec ses coéquipiers.
IV Le leader codépendant :
On appelle codépendance : un état émotionnel, psychologique et comportemental qui se développe lorsqu’un individu est exposé de façon prolongée à un ensemble de règles oppressantes, qui empêchent l’expression libre des sentiments et une discussion directe sur les problèmes personnels et interpersonnels. La codépendance naît chez les personnes qui sont en étroite relation avec d’autres personnes dépendantes de quelque chose ; cela devient un système ou un fonctionnement social, qui se met en place à partir de ces relations. On parle par exemple de codépendance dans une famille, dans une relation bilatérale, etc. En arrière-plan : on trouve une personnalité frustrée, réprimée, qui n’arrive pas à exprimer directement et honnêtement ses émotions et les problèmes qu’elle rencontre. Voici quelques caractéristiques de ce type de leader : c’est un « faiseur de paix » qui couvre les problèmes plutôt que de les confronter, pour essayer de contrebalancer le mauvais fonctionnement d’un groupe ; très bienveillant, parfois hyper-tolérant envers des comportements déviants ; se charge de beaucoup de travail, car il ne sait pas dire « non » aux autres et aux demandes ; il réagit plutôt qu’il n’agit. Exemple biblique : Samson (Juges 13 à 16) Il n’a jamais su traiter les attentes et les attitudes de ceux qui l’entouraient. Les tendances à la co-dépendance peuvent engendrer : Une autodestruction du ministère et du leadership, car il essaie de rendre tout le monde heureux dans l’équipe et dans l’église, il cherche à répondre aux besoins de tous, en mettant de côté les siens et ceux de sa famille ; Le burn-out, le divorce, l’adultère, la maladie physique, etc. quand il est poussé à l’extrême.
V Le leader passif-agressif :
Le leader passif-agressif manifeste une tendance à résister aux exigences qui permettent d’accomplir une tâche correctement. Il se montre de caractère opiniâtre, entêté, négligent, parfois irrité, pessimiste, intentionnellement inefficace. Ses collaborateurs sont souvent dans la confusion, à cause de ses réactions imprévisibles. En arrière-plan : Il est rempli d’amertume et de colère ; il redoute le succès, car celui-ci ferait naître des attentes et des responsabilités plus élevées (trop élevées pour lui). Voici quelques caractéristiques de ce type de leader : Il se plaint souvent, tergiverse, traîne à exécuter les tâches : c’est un moyen pour lui de contrôler (parfois freiner) son environnement ; Il explose parfois en accès de colère ou de tristesse, pour une courte durée : c’est un autre moyen de contrôler ses proches ; Il a du mal à fixer des objectifs et résiste à l’idée d’évaluer le travail. Exemple biblique : Jonas Il résiste à l’ordre de Dieu ; Il a tendance à être négatif, pessimiste, avec des accès de colère ou de dépression. Les tendances du tempérament passif-agressif engendrent : un dirigeant qui vit constamment avec la honte et les conséquences de ses explosions incontrôlées ; un dirigeant qui doit parfois déménager malgré lui d’équipe en équipe à cause de ses comportements changeants et bizarres, et qui n’arrive pas à comprendre pourquoi « ces gens » ne l’aiment pas ou ne le veulent pas. Nous devons prendre la responsabilité de triompher de notre côté sombre. Il vaut la peine de faire un effort pour nous éviter certaines de ces conséquences négatives, et prévenir un éventuel échec dans notre rôle de dirigeant.
Comment racheter notre côté sombre ?
«Tous les êtres humains ont leurs faiblesses, mais tous n’en prennent pas conscience, tous ne les attaquent pas de front, tous ne cherchent pas à compenser leurs effets négatifs. Comme ils font partie d’un groupe dont le premier objectif est d’entrer en interaction avec d’autres personnes, les leaders ont le devoir d’accomplir la tâche essentielle de gérer leurs côtés négatifs. » Abraham Lincoln
Comment se développe « le côté sombre » du leader :
1 Le « côté sombre » de l’être humain est enraciné dans la chute d’Adam et Eve, en Genèse 3.
L’orgueil, l’égoïsme, l’auto-séduction et les mauvaises motivations constituent les matériaux bruts du côté sombre.
2 La « face cachée » du leadership se développe selon un schéma prévisible, même si chacun de nous présente une image personnelle. A quelques exceptions près, les expériences de notre enfance et de notre adolescence façonnent notre face cachée.
3 Notre côté sombre se révèle être une surcompensation de besoins fondamentaux qui n’ont pas été satisfaits dans notre passé – (voir la pyramide de Maslow) nous essayons de combler inconsciemment ces besoins, mais nos efforts aboutissent à un sentiment de faiblesse, d’incompétence ou d’échec personnel. le besoin insatisfait nous contrôle et notre côté sombre se développe à partir de là. les évènements traumatiques de l’enfance viennent renforcer nos frustrations et le sentiment d’être menacé.
4 Avec le temps, de nombreuses personnes développent le sentiment que si elles ont des besoins non satisfaits, c’est de leur faute, et qu’elles doivent les combler par tous les moyens.
Elles mettent en place une croyance intérieure appelée « dette existentielle », notamment à la suite d’un traumatisme particulièrement fort (ex : divorce des parents) . Certains adultes passent leur vie dans un effort permanent et inconscient de « payer leur dette ». Plus leurs activités et leurs performances seront significatives, mieux ils pourront rembourser… Mais ils n’en font jamais assez ! Il existe certains signaux qui nous avertissent sur l’émergence de notre « côté sombre » : une force indéfinissable et vague qui nous pousse à rechercher le succès, à réaliser nos ambitions personnelles ; un profond besoin de se faire accepter par ceux que nous conduisons ; une peur irrationnelle de ne pas être compétent ; un besoin de contrôler ; le perfectionnisme – etc. Les étapes pour racheter « le côté sombre » :
Notre côté sombre n’est pas intrinsèquement mauvais : c’est une partie de l’être humain. Dieu fait son œuvre au travers de notre côté sombre pour accomplir ses buts et pour nous élever à certains postes de responsabilités. Cependant, il est essentiel que notre côté sombre soit racheté à un certain degré, si nous voulons mieux servir les buts du Seigneur et être moins occupés à satisfaire nos propres besoins. « Aucune dose de succès ni d’épanouissement ne pourra combler les vides créés par nos besoins non-satisfaits. Ceux-ci pourront être comblés de façon satisfaisante, seulement si nous comprenons pleinement ce que Dieu a accompli par Son Fils Jésus-Christ, et si nous nous approprions personnellement tout ce qu’il a mis à notre disposition en Lui » Nous devons examiner en profondeur nos motivations, ainsi que les peurs et anxiétés qui accompagnent le leadership. → Nous apprendrons alors à remettre à Dieu nos motivations injustes et nos craintes. → Nous devons réaliser qu’aucun niveau de succès ou d’épanouissement de soi ne pourra combler les trous créés par nos besoins non satisfaits. Premier pas : Reconnaître notre côté sombre : Reconnaître qu’il existe, et comprendre la forme qu’il a développée dans notre vie personnelle. – Un danger pour le leader : le déni ou la rationalisation. Il est important d’endosser notre responsabilité personnelle. – Si nous sommes vrais et transparents devant Dieu : – Sa Puissance pourra nous toucher. – Sa Grâce commencera la transformation intérieure (2 Corinthiens 12: 9-10) Deuxième pas : Examiner notre passé à la lumière du St Esprit et se repentir : – Il est essentiel d’être ouvert au travail du Saint-Esprit, pour être conduit « dans toute la vérité » – Jean 16 :14 – et non pour blâmer le passé. – Certains évènements passés ou certains comportements nous ont façonnés, ils ont laissé une marque indélébile dans notre vie. En les rappelant, identifions les émotions qui ont été engendrées en nous. Les mêmes émotions nous gouvernent aujourd’hui, alors que nous sommes des leaders ! – Pour être libéré du pouvoir de notre côté sombre, il faudra demander pardon au Seigneur pour nos mauvaises réactions, attitudes, etc. – Et il faudra certainement pardonner : aux autres mais aussi à nous-mêmes ! – Et accepter la plénitude de l’œuvre de Jésus à la Croix pour nous racheter de tout péché, de toute blessure ancienne, etc. Troisième pas : Résister aux attentes irréalistes ! – Les attentes sont comme une épée à deux tranchants : elles peuvent nous propulser en avant pour réussir, ou peser sur nous jusqu’à nous écraser. Elles produisent des tensions dans notre vie, jusqu’à l’épuisement (burn-out). – Nos attentes personnelles et celles des autres doivent être réexaminées : elles sont parfois contradictoires, non bibliques, excessives. Attention au légalisme et au pharisaïsme ! – L’huile de la grâce divine appliquée sur notre vie et notre leadership est le moyen sûr pour nous libérer du poison des attentes irréalistes. Quatrième pas : Progresser dans la connaissance de soi : Développer la connaissance de soi est un processus. Certains outils sont utiles : être exposé au miroir des Ecritures (Jacques 1: 22-25) chercher des vis à vis, des conseillers, des thérapeutes si nécessaire ; avoir un groupe de personnes envers qui nous sommes redevables ; évaluer régulièrement et de façon formelle notre travail Cinquième pas : s’affermir dans notre identité en Christ ! Mieux nous nous connaissons, mieux nous maîtrisons notre côté sombre – et mieux nous vivons équilibrés ! Notre vraie valeur ne réside pas dans nos performances, ni notre position, ni le degré de notre épanouissement, ni notre pouvoir sur cette terre. Notre valeur est en Christ, indépendamment de ce que nous avons fait ou de ce que nous ferons ! La source la plus importante de notre dignité est le fait d’être connu de Dieu et d’être déclaré juste au travers de Christ Notre « côté sombre » est racheté en Christ ; il peut être dominé et maîtrisé ; mais il ne sera jamais complètement éliminé. Cela demande : une décision : gérer personnellement notre vie. de la discipline, de la vigilance, un effort tout au long de notre vie. appliquer la vérité de Dieu dans notre vie : cela réduit les effets négatifs de notre côté sombre dans notre carrière, notre famille, notre ministère, notre vie personnelle. De façon pratique : Celui qui a des tendances compulsives : doit réaliser que Dieu est Souverain, et qu’il contrôle totalement sa vie personnelle, ainsi que les circonstances qui entourent sa vie. Il doit apprendre à faire confiance au Seigneur pour tous les détails de sa vie. Celui qui a des tendances narcissiques : doit apprendre qu’aucune dose de réussite ou de reconnaissance de la part des autres ne pourra étancher sa soif intérieure permanente de savoir qu’il est à la hauteur et son besoin d’être estimé – à moins de trouver une complète satisfaction en Christ. Celui qui a des tendances paranoïdes : doit apprendre à faire confiance à Dieu pour être son protecteur, et qu’Il sera sa forteresse contre toutes les attaques qui se lèveront contre son leadership (réelles ou imaginaires). Ce type de dirigeant devra apprendre que lorsqu’il encourage le développement des autres, Dieu veillera à lui rendre justice. Celui qui a des tendances codépendantes : doit apprendre qu’il n’est pas responsable des attitudes et des réactions des autres, et que faire plaisir à Dieu est plus important que recevoir l’approbation des gens qu’il sert. En tant que dirigeant, nous n’avons pas la responsabilité de répondre aux attentes de tout le monde, nous ne pouvons pas toujours sauvegarder la paix. A certains moments nous sommes utilisés par Dieu pour que les gens se sentent mal à l’aise avec certains comportements inacceptables. Celui qui a des tendances passives-agressives : doit apprendre qu’une motivation issue d’une vision inspirée par Dieu associée avec une stratégie bien au point sont plus efficaces que la manipulation des autres, au moyen d’explosions émotionnelles en public. C’est en suivant ce processus d’apprendre à mieux nous connaître et à progressivement mieux gérer notre côté sombre que nous pourrons éviter son paradoxe destructeur, et que nous permettrons à Dieu de mieux exercer son contrôle sur notre leadership. Avec le temps, nous pourrons exercer notre leadership avec plus de repos, alors que nous dirigerons calmement et avec foi pour la gloire de Dieu plutôt que pour nous satisfaire nous-mêmes.










