Quels missionnaires pour le 21e siècle ?Voici deux affirmations qui ont souvent été reprises ces dernières décennies dans les études ou discussions concernant l’envoi des missionnaires.« Les missionnaires actuels ne conviennent plus aux modèles traditionnels » - de Michaël GRIFFITH dans « Envoyer c’est partir un peu »« Dans la mission moderne, les missionnaires viennent de partout et vont partout » - …
Quels missionnaires pour le 21e siècle ?
Voici deux affirmations qui ont souvent été reprises ces dernières décennies dans les études ou discussions concernant l’envoi des missionnaires.
« Les missionnaires actuels ne conviennent plus aux modèles traditionnels » – de Michaël GRIFFITH dans « Envoyer c’est partir un peu »
« Dans la mission moderne, les missionnaires viennent de partout et vont partout » – auteur non connu.
J’ai abordé dans un article précèdent quelques réalités majeures de ce 21e siècle en lien avec les besoins et le travail en mission transculturelle ; essayons maintenant de répondre à ces deux questions :
- Avons-nous encore besoin d’envoyer des personnes en mission aujourd’hui ?
- Si OUI, quel sera leur profil ? Quels types d’activités pourront-elles avoir ?
Matthieu 9 :37-38 « Alors Jésus dit à ses disciples: «La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson.»
I Différents types de travail missionnaire.
Il y a toujours un grand besoin d’ouvriers ! Sans prétendre être exclusifs, je veux examiner diverses manières d’être aujourd’hui impliqué et envoyé dans la « moisson mondiale ». Je parle ici principalement de missionnaires à long terme.
(Pour ce qui concerne les missions à court terme, je vous renvoie aux articles de la rubrique « Mission à court-terme » sur le même site)
I-1 : Le Travail pionnier à long terme.
Il y a besoin urgent de missionnaires pionniers de toutes nations, de tous horizons, ayant toutes sortes de compétences, pour atteindre près de 3 milliards d’hommes et femmes les moins évangélisés de la planète.
Il faut : des évangélistes – des implanteurs d’églises – des traducteurs de la Bible – des enseignants de la Bible – des techniciens – des informaticiens – des spécialistes en développement – des personnels éducatifs, médicaux, agronomes – etc.. car les stratégies sont multiples, les champs d’action très variés, d’un peuple à l’autre.
Ce type de personnes s’engagent sur du long terme. Ils s’incarnent au maximum dans la culture (en apprenant la langue locale par exemple) et contextualisent au mieux leur apport.
I-2 : Des Formateurs :
Pour la formation biblique, les structures peuvent être classiques (Ecoles et Instituts bibliques) ou plus pragmatiques (formations décentralisées).
Il est important de former également des gestionnaires, des administrateurs, des leaders nationaux, des cadres pour divers domaines de l’œuvre de Dieu (œuvres sociales, développement, etc.)
La formation est un besoin encore pressant, même dans des pays où la proportion de gens christianisés est importante : c’est une réponse au christianisme de surface.
Phineas Dube, Pasteur nigérian, écrivait au début du 21e siècle au sujet de l’Eglise en Afrique : « The Church in Africa is : one mile wide, but one inch deep “ = “L’Eglise en Afrique est large sur plusieurs kilomètres, mais profonde seulement de quelques centimètres”
I-3 : Des ouvriers pour le développement holistique des populations.
La perspective « holistique » est de plus en plus un souci dans l’œuvre missionnaire : l’approche de l’Evangélisation prend en compte les besoins de l’homme dans son intégralité (corps – âme – esprit). Le ministère de compassion pour les hommes et pour la justice sociale accompagne l’annonce de l’Evangile.
I-4 : Des ouvriers pour l’aide d’urgence et l’aide humanitaire.
Ce sont des personnels très spécialisés, qui interviennent de façon rapide et précise dans des situations urgentes et traumatisantes : catastrophe naturelle – guerre ou conflit armé – déracinement de population – épidémie – famine – etc.
Ex : médecins et personnels soignants – logisticiens – constructeurs d’abris – transporteurs de matériel – etc.
Leur temps et moyens d’action sont limités au « temps de crise » : leur action est souvent relayée par des actions de développement et de reconstruction à plus long terme.
I-5 : Les missionnaires non-résidents.
Ce sont des personnes qui vivent en dehors de la région géographique d’un groupe visé, mais qui mènent un certain nombre d’activités pour atteindre ce groupe. Ils utilisent toutes sortes de ressources disponibles dans leur pays d’origine pour l’évangélisation, et les concentrent sur la population visée, pour un plus grand avantage stratégique.
Ex : depuis la fin du 20e siècle, Frère ANDRE et l’organisation « Portes ouvertes » ont incarné ce type d’ouvriers entièrement engagés pour la cause missionnaire, restant basés dans leur pays d’origine.
Ce type de missionnaire n’est pas en concurrence avec les autres ouvriers, qui utilisent d’autres approches. Tous les autres ministères et autres ressources sont pris en compte et renforcés dans le but d’atteindre un peuple donné.
Son lieu de résidence n’est pas forcément près du peuple à atteindre : c’est plutôt un endroit stratégique, un carrefour de communications et de ressources (souvent un centre urbain).
C’est une personne qui travaille en réseau, avec de multiples partenaires (personnes, églises, œuvres, etc.). Il est inconcevable pour lui de travailler individuellement auprès d’un peuple, ni même avec une seule dénomination. Il a une capacité de catalyser des centaines d’agents évangélistes pour un effort concerté.
I-6 : les « cyber-missionnaires ».
Apparus au début du 21e siècle, ils se rapprochent de la catégorie précédente, sachant que leur particularité et leur mode de travail principal est internet. Grâce aux technologies modernes, à toutes sortes de stratégies de communications (réseaux sociaux, médias, émissions Radio ou TV par satellites, sites internet, etc.) , ils ont accès à des personnes non-atteintes souvent isolées de tout contact avec des chrétiens et des moyens d’accès traditionnels à l’évangile.
Certains forment des disciples à distance et même des communautés virtuelles. Leurs efforts se joignent au travail habituel de discipulat effectué par des chrétiens locaux (souvent cachés) ou des envoyés missionnaires eux aussi cachés.
II/ Diverses manières de financer le ministère missionnaire.
Dans le Nouveau Testament, on trouve deux manières principales de financer le ministère : en étant « faiseur de tentes » ou en recevant un soutien des églises et d’autres croyants. Les deux sont légitimes. C’est le contexte et les possibilités qui déterminent quelle formule nous allons privilégier ; parfois les deux manières peuvent se conjuguer.
1° Dans un cadre pionnier païen, Paul a choisi d’être faiseur de tentes, pour être crédible et efficace. C’était une motivation non pas théorique, mais plutôt stratégique et contextuelle. C’était une conviction profonde pour lui. (1 Corinthiens 9,12)
2 Cor 11,7-10 = Paul ne veut pas être un fardeau pour les autres, de quelque façon que ce soit.
2 Thessaloniciens 3,9-10 = Il encourage les autres ouvriers à faire de même.
2° Notons qu’à d’autres moments, Paul a accepté et décidé de vivre avec les dons des églises. Voir par ex : Philippiens 4, 16 et Actes 18,5.
Paul a montré l’exemple du style de vie pionnier missionnaire : dans certains contextes, il était faiseur de tentes. Pour lui, il n’y avait pas d’écart entre travail séculier et travail spirituel. Dans d’autres contextes, il vit des dons extérieurs.
3° Remarque : le modèle du ministère à plein temps (soutenu financièrement à 100% par les églises) n’est souvent pas applicable pour les structures émergentes des pays du sud : c’est trop coûteux, et dans beaucoup de cas ce n’est pas la meilleure stratégie. Pour les missionnaires occidentaux, la recherche du soutien financier devient également un souci important dans les temps de récession économique.
4° Compte tenu des contextes politiques, religieux, sociaux de nombreux pays aujourd’hui, l’approche des « faiseurs de tentes » est la seule possible pour aller à la rencontre des populations non-atteintes par l’évangile.
(Pour une étude détaillée concernant les faiseurs de tentes, je vous renvoie à mon article « Les faiseurs de tentes dans la même rubrique sur le site)
III/ Quelques éléments essentiels qui concernent la préparation d’un candidat missionnaire.
Développer ses qualités spirituelles :
Voici 8 aptitudes spirituelles majeures à développer : 1) Caractère 2) Attitudes 3) Marche spirituelle 4) Appel 5) Engagement personnel 6) Fondement biblique et théologique 7) Combat spirituel 8) Gestion des attentes personnelles
La formation spirituelle vise à former l’être, avant le « faire » ou le « savoir ». Elle aide les jeunes missionnaires à acquérir une vie de piété personnelle stable et disciplinée. La maturité spirituelle est une clef pour persévérer et demeurer efficace dans le service chrétien.
Développer ses capacités relationnelles.
- Connaître l’éthique de l’agence missionnaire, ceux qui dirigent à l’arrière.
- Identifier les attentes du missionnaire par rapport à la vie de groupe.
- Quelle est son ouverture sociale face aux autres cultures ? Est-il orienté vers les personnes, capable de nouer des contacts ?
- Etre formé pour le travail en équipe : attention aux attentes irréalistes !
- Etre formé aux relations interpersonnelles, en milieu transculturel ;
- Avoir des notions concernant la résolution des conflits, et sur les différences de plus en plus rapprochées entre les générations.
Développer ses capacités d’adaptation pour une vie hors de sa culture.
C’est un facteur important pour diminuer le stress en arrivant sur le terrain missionnaire, et pour établir d’entrée une meilleure communication.
Ex : cours d’anthropologie culturelle – de communication transculturelle –
Communiquer au jeune missionnaire une attitude d’ouverture, la volonté d’apprendre.
Une formation qui s’adresse à la famille toute entière.
La formation doit renforcer l’unité familiale. Elle doit équiper chacun (parents, enfants, célibataires) pour faire face aux pressions liées au ministère transculturel, qui peuvent mettre en péril les relations de couple et de famille.
Une bonne préparation physique.
La formation doit enseigner les principes bibliques concernant notre responsabilité envers le corps et la santé que Dieu nous a donnés.
(Je cite simplement ici quelques qualités majeures, sans aller dans les détails. Vous trouverez des informations et des études beaucoup plus fournies dans la rubrique MEMBERCARE de ce site.)










