Dans mon premier article, j’ai abordé plusieurs réflexions qui entourent la question des missionnaires à court-terme. Poursuivons maintenant en voyant de plus près ce que représente un voyage à court-terme.II Parlons des voyages à court-terme.Voici mon expérience personnelle alors que j’avais 23 ans et 2 années de conversion…FABIENNE et moi avons découvert le champ missionnaire …

Dans mon premier article, j’ai abordé plusieurs réflexions qui entourent la question des missionnaires à court-terme. Poursuivons maintenant en voyant de plus près ce que représente un voyage à court-terme.

II Parlons des voyages à court-terme.

Voici mon expérience personnelle alors que j’avais 23 ans et 2 années de conversion…

FABIENNE et moi avons découvert le champ missionnaire lors d’un voyage « court terme » organisé par Jeunesse en Mission en 1982, alors que nous étions tout jeunes convertis et célibataires. Cette expérience a marqué notre expérience personnelle, notre engagement dans le mariage puis dans le ministère, de manière indélébile !

Mariés, puis parents de 6 enfants et impliqués sur les champs de mission pendant 18 ans en Afrique centrale, nous avons fait partie de plusieurs équipes d’ouvriers à long terme. Très tôt, nous avons accueilli des groupes qui venaient « découvrir la mission » et différents collaborateurs à court-terme qui nous prêtaient mains-fortes pendant quelques mois.

Que fait-on pratiquement lors d’un voyage « court terme » ?

Comme je l’ai écrit dans l’article précédent, les buts, les formes, les enjeux des séjours à court-terme sont multiples. Selon l’objectif que l’on vise, le lieu où l’on se rend et le caractère du séjour, on mettra plutôt l’accent sur :

– des activités à dominante « spirituelle » comme l’évangélisation dans le contexte local, des visites d’églises et/ou de missionnaires connus, des contacts avec des groupes de jeunes locaux, groupes de jeunes convertis, et autres ;

– la prière et l’intercession pour une région et pour un ou plusieurs peuples non-atteints qui y vivent ; pour une nation ou un groupe de nations voisines ; etc.

– une aide pratique, des réparations, des constructions, etc. au bénéfice d’églises locales ou de projets de développement ;

– une aide d’urgence, suite à une catastrophe naturelle ou un évènement particulier ;

– des rendez-vous discrets personnels ou en petits groupes avec des chrétiens cachés ;

– et bien d’autres possibilités.

Comment préparer un voyage « court terme » ?

Un voyage à court-terme réussira d’autant mieux s’il est soigneusement préparé ; cela prend plusieurs mois, selon l’importance et la composition du groupe, la durée du séjour, le pays dans lequel on se rend, etc. 

Entre 2005 et 2024, j’ai moi-même accompagné divers groupes missionnaires à court-terme en Europe de l’Est, en Afrique francophone, au Moyen-Orient ou en Inde. Parfois, le groupe était plutôt « homogène » : des membres d’une même église ou d’une même dénomination, de même tranche d’âge ou multigénérationnels. Dans d’autres cas, le groupe était très disparate et les gens se retrouvaient physiquement pour la première fois dans le hall de départ de l’aéroport… Dans chaque circonstance, j’ai mesuré l’importance d’une préparation sérieuse, sachant que les technologies modernes nous donnent aujourd’hui la possibilité de nous rencontrer à l’avance par visioconférence et autres moyens. 

Voici quelques conseils pratiques qui permettront à ce type de séjour de porter du fruit :

1 Définissez clairement des objectifs de votre séjour court-terme.

C’est la première tâche des organisateurs de ce type de voyages. Notre premier article parle des différents objectifs possibles, qui vont déterminer la nature et le programme du séjour.

On ne peut pas tout faire, ni satisfaire toutes les aspirations de chacun : il faut bien délimiter nos intentions, en fonction du terrain choisi et des opportunités qu’il offre. Le recrutement se fera en suite en fonction des objectifs définis.

Un conseil pratique : pour bien « découvrir » une nouvelle culture ou un champ missionnaire, n’emmenez pas un groupe trop important ! Je conseille personnellement de ne pas dépasser le nombre de 12/15 personnes avec les encadrants… Et même dans certains endroits « à risques élevés », il vaut mieux voyager en petites unités de quelques personnes.

2 Assurez-vous de bien connaître les conditions de vie dans votre lieu de destination.

Pour assurer ensuite une bonne logistique et un cadre suffisant de sécurité, vous devez suivre attentivement l’actualité du ou des pays dans lesquels vous vous rendez. Dans certains endroits du monde, la situation géopolitique, les conditions d’accueil et d’obtention des visas, les moyens de communication, etc. peuvent changer très vite, parfois d’un mois à l’autre.

Vous devez anticiper avec précision sur :

  • Qui est votre interlocuteur principal sur le terrain : un missionnaire ou une équipe missionnaire ? Un ou des responsables d’églises locales partenaires ? Ou autre ? C’est avec ces personnes que vous allez envisager toute la logistique à l’avance et aussi vous tenir au courant des éventuels changements jusqu’au départ du groupe.
  • Si vous n’avez pas d’interlocuteur privilégié sur le terrain de destination : cela va demander une préparation logistique et administrative d’autant plus rigoureuses et précises, en fonction des réalités locales.

Une recommandation particulière : selon qui vous allez emmener, assurez-vous un minimum auprès de votre ambassade sur les conditions de sécurité dans les pays où vous vous rendez, et les éventuelles recommandations de votre gouvernement.

3 Ayez à l’arrière une bonne administration.

Dans le pays d’envoi : pour avoir des dossiers d’inscriptions complets et que chaque participant ait tous les renseignements nécessaires au bon moment.

Dans le pays de destination : pour être assuré au mieux des lieux d’accueil, des itinéraires, des programmes , des attentes de ceux qui accueillent, etc.

Il faut bien connaître la logistique du terrain sur lequel nous allons, sachant qu’il peut y avoir des surprises de dernière minute (dans les moyens de transports ; dans les délais sur place et les coûts qui peuvent brusquement évoluer et nous surprendre – etc.). 

4 Etablir un programme précis – mais aussi flexible !

Sans programme de travail à l’avance, on risque de perdre son temps et d’être déçu ! En même temps, il faut se laisser une certaine marge de flexibilité : la gestion du temps n’est pas la même dans les sociétés « du Sud », nous devons faire attention à un programme trop chargé ! 

N’oubliez pas des temps de repos, des visites culturelles intéressantes pour sensibiliser votre groupe aux réalités locales. 

Il faudra aussi tenir compte du rythme du groupe, une fois sur place : parfois, une pause non-prévue ou un jour de congé sont nécessaires parce que les « troupes sont fatiguées » ! Ou au contraire, le programme doit être plus fourni…

Un programme d’activités équilibré.

Comme déjà évoqué, chaque voyage court-terme revêt un aspect dominant. Cependant, il est bon que ceux qui vont visiter un champ de mission pour la première fois découvrent plusieurs facettes de la vie missionnaire, de la vie locale et du travail qui est réalisé sur place. 

Ainsi, il n’est pas conseillé de faire une seule chose (par exemple : seulement des réunions d’églises, ou seulement du travail pratique), mais d’alterner plusieurs types d’activités. – Ni de s’éparpiller dans trop d’activités, au risque de devenir superficiel !

5 Mettez en place une préparation sérieuse des participants avant le départ.

C’est le meilleur moyen de lancer la dynamique du groupe avant le Jour J et avant d’être en action sur le terrain.

Si vous emmenez des gens qui sont d’une même église ou d’une même région, vous pourrez facilement programmer 1 ou 2 rencontres se préparation où les futurs participants pourront se retrouver physiquement et faire connaissance. Si les personnes sont éloignées géographiquement, vous pourrez tout de même prévoir quelques rencontres en visioconférences, qui permettront aux gens de se voir et de se parler… 

La préparation inclut notamment :

  1. La prière pour le voyage et les objectifs spirituels du séjour ;
  2. La logistique, les questions administratives et autres ;
  3. La communication des informations (avec des supports écrits ou numériques) ; 
  4. Une préparation culturelle sur le ou les peuples que vous allez rencontrer : habitudes culturelles, vestimentaires, culinaires, etc.
  5. Prévoir un contenu spirituel pour la durée du voyage et y impliquer les participants ;
  6. Toute autre initiative pour favoriser la cohésion du groupe.

6 Dans votre programme sur le terrain : Prévoyez de rencontrer au maximum les gens dans leur contexte et dans leur vie quotidienne – sans jouer les intrus –

Quand de jeunes Européens vont découvrir le terrain africain, j’encourage personnellement les jeunes et les femmes à aller faire la cuisine avec les sœurs africaines : c’est là, autour du feu, qu’on apprend beaucoup de choses sur la vie locale. De même quand c’est possible, j’encourage les jeunes à dormir dans les maisons africaines (quand elles peuvent nous recevoir), plutôt que dormir dans un hôtel occidental… 

7 N’oubliez jamais la prière, à divers niveaux.

Vous avez besoin d’un socle de prière solide : avant le voyage (lors de la préparation) ; pendant tout le séjour (ayez des temps de prière réguliers avec tout le groupe, si possible chaque jour – et encouragez la prière personnelle de chacun) ; après le séjour (pour la reconnaissance).

Quelle que soit la durée, la destination ou la forme de votre voyage missionnaire, ne perdez jamais de vue que vous faites une « incursion en terrain ennemi ». Votre groupe aura besoin de fermeté dans la foi, d’unité, de protection, et de voir Dieu agir quotidiennement.

Engagez dans la prière la ou les églises auxquelles appartiennent les participants au voyage : assurez une « intercession de veilleurs » à l’arrière ; donnez aux églises d’envoi et autres partenaires potentiels des sujets de prière précis avant le voyage ; donnez-leur des informations régulières pendant tout le séjour (la technologie actuelle permet de donner des nouvelles en instantané), et nommez à l’avance au sein de votre groupe un « chargé de communication » qui joue ce rôle ; au retour, présentez un compte-rendu du voyage lors d’une rencontre de l’église et suscitez l’action de grâce pour ce que Dieu a fait.

8 Et soyez toujours reconnaissants, manifestez la grâce en terrain missionnaire comme dans votre culture d’origine !

Ma conclusion : un voyage missionnaire à court-terme est avant tout une expérience culturelle et spirituelle extraordinaire, souvent inoubliable. Il n’est pas question ici de « tourisme évangélique » (même si on passe par des endroits superbes et si on rit souvent beaucoup, y compris de nos erreurs de « débutants »). Aussi j’encourage nos églises occidentales à être entreprenantes et innovantes pour « envoyer » leurs membres : de nos jours, de nombreuses agences missionnaires offrent toutes sortes de possibilités.

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