Qu’est-ce que la culture ? Pour chacun de nous, la culture peut être comparée à l’eau dans laquelle les poissons nagent. Ceci est illustré par le dessin ci-dessous : un poisson nage vers un autre poisson, dans une autre partie de l’océan, et demande « Comment est l’eau ici ? » Le deuxième poisson répond : « C’est …
Qu’est-ce que la culture ?
Pour chacun de nous, la culture peut être comparée à l’eau dans laquelle les poissons nagent. Ceci est illustré par le dessin ci-dessous : un poisson nage vers un autre poisson, dans une autre partie de l’océan, et demande « Comment est l’eau ici ? » Le deuxième poisson répond : « C’est quoi l’eau ? » En d’autres termes, la culture est quelque chose dont nous ne sommes peut-être pas conscients alors même que nous y sommes plongés, et qu’elle a une influence sur tout ce qui nous concerne.
Malcom GLADWELL saisit bien le pouvoir de la culture en résumant les stratégies de John WESLEY : « Si vous souhaitez apporter un changement fondamental dans la vie et le comportement des gens, un changement qui perdurera et influencera les autres, vous devrez créer une communauté (c’est-à-dire une culture) autour d’eux où ces nouvelles croyances pourront être pratiquées, exprimées et nourries. »
WESLEY a été l’un des formateurs de disciples les plus efficaces de l’histoire de l’Église. Un auteur a intitulé sa biographie « L’Angleterre : avant et après Wesley » – tant son influence sur l’Angleterre a été grande. Nous apprenons de Wesley comment il a conçu l’infrastructure de son ministère en vue de faire des disciples. En termes simples, Wesley a déplacé le centre de la vie de l’Église du culte du dimanche vers un système de petits groupes où la transparence et la redevabilité étaient primordiales. Voici quelques stratégies fondamentales qui peuvent vous aider à créer une culture de formation de disciples.
ÉTAPE 1 : Définissez votre destination.
Voici un exemple de déclaration de mission d’une église : « Nous existons pour faire des disciples qui vivent et qui aiment comme Jésus. »
Notons que notre énoncé de mission n’est pas d’organiser des services de culte, de former des petits groupes, d’offrir des ministères aux enfants/étudiants, d’organiser des événements par groupes d’intérêt ou toute autre liste interminable d’activités qui font partie du ministère contemporain. Cela ne diminue en rien l’importance de ces ministères vitaux, mais ils sont correctement compris comme étant des véhicules pour aller vers la destination, et non comme la destination elle-même. Lorsque nous perdons le focus sur le but de notre existence, nous compromettons notre mission.
- Alors, si la destination est de faire des disciples, comment définissons-nous un disciple ?
La Bible nous donne plusieurs définitions et descriptions. Voici une définition souvent utilisée : « Un disciple de Jésus n’est pas seulement celui qui entend, mais celui qui adhère à l’enseignement de Jésus.» Cela reflète le modèle de Jésus basé sur l’obéissance, plutôt que le modèle de l’Église contemporaine basé sur la connaissance et l’information.
« Si vous tenez à mes enseignements, vous êtes vraiment mes disciples. » Jean 8:31 (NIV)
« Quiconque entend ces paroles de moi et les met en pratique est comme le sage qui a bâti sa maison sur le rocher. » Matthieu 7:24 (NIV)
« Allez, faites des disciples… leur enseignant à obéir à tout ce que je vous ai commandé. » Matt 28 : 19
Les vrais disciples ne sont pas ceux qui professent simplement leur foi ; ce ne sont pas des personnes parfaites non plus. On doit noter un progrès clair dans l’obéissance qui émerge dans la vie du croyant.
ETAPE 2 : Entrainez les gens au-delà du rassemblement du dimanche.
Le changement de vie, dans la plupart des cas, est lié à l’environnement. Si vous souhaitez vous développer physiquement, vous rejoignez un club de fitness. Si vous souhaitez vous développer intellectuellement, vous vous inscrivez dans une université. Si vous souhaitez vous développer spirituellement, vous vous mettez dans un environnement spirituel. Mais il existe toute une gamme d’environnements spirituels, et chaque espace se prête à des objectifs différents.
Nous créons une culture en utilisant chaque environnement (c’est-à-dire l’espace social) pour faire des disciples. Par exemple :
- Les services religieux sont plus appropriés pour l’enseignement public et l’adoration collective, et non pour connaître les noms des gens ou leurs besoins personnels.
- Les petits groupes sont plus appropriés pour bâtir une communauté, fournir un soutien et des encouragements personnels, car, dans un groupe de 5 à 10 personnes, vous pouvez connaître les noms des gens et leurs besoins.
- Les duos ou trinômes de disciples sont le lieu idéal pour la transformation, car leur taille (2 à 3 personnes) et la séparation des sexes (homme avec homme ; femme avec femme) favorisent la transparence et la mise en pratique de la vérité.
Chaque espace social crée un environnement indispensable à la croissance du disciple, chacun avec ses caractéristiques, toutes importantes mais différentes.
En résumé : nous devons faire bouger les gens au-delà du rassemblement du dimanche matin pendant 1h30 ou 2h. On ne peut pas faire de disciples à distance. Un enseignement efficace est essentiel mais pas suffisant. C’est pour ça que nous disons que « le changement de vie est déclenché en chaire mais maximisé en groupe » – et en particulier en microgroupes.
ÉTAPE 3 : Faites monter la température spirituelle.
Le discipulat selon Jésus ne suit pas un processus académique, ce n’est pas de la production en série, ni une chaîne de montage qui consiste à passer par différentes classes, et suivre une série de cours ou de programmes.
- Il s’agit d’un processus hautement relationnel qui permet d’aborder les besoins et les questions individuelles dans le contexte d’expériences de la vie réelle.
Lorsque nous faisons passer les gens de la foule à des groupes plus petits et à des relations intentionnelles, nous élevons la température spirituelle et la possibilité de changement de vie. Cependant, même s’il est essentiel de placer les gens dans les bons environnements spirituels, ce n’est pas suffisant. Nous devons également nous assurer qu’il y ait les bonnes dynamiques dans chaque espace social. Gardez également à l’esprit que plus l’espace est grand, plus il faut de temps pour chauffer et atteindre la température souhaitée. Plus l’espace est petit, plus vite nous atteignons la bonne température.
Considérez les choses ainsi : pour que l’eau se transforme en vapeur et change de propriétés physiques… vous devez chauffer l’eau jusqu’au point d’ébullition !
- Comment amener les gens à aimer Dieu, aimer les autres, prendre soin des pauvres, etc. ?
Aller à l’église une fois par semaine (même si c’est une excellente chose) ne suffira pas. Pour amener les gens à un point d’ébullition spirituelle, ils doivent aller au-delà de la fréquentation hebdomadaire. Ils doivent occuper plusieurs espaces sociaux et ayant chacun la bonne dynamique. La vérité et la transparence sont des ingrédients essentiels ; or la transparence se produit rarement en dehors de petits contextes intimes, en particulier les microgroupes.
Une autre mesure de contrôle de la qualité consiste à se poser la question F.I.T. (Acronyme en anglais qui donne en français A.A.C. « Approprié, Adapté, Convenable ») – la Fréquence, l’Intensité et le Temps ont-ils été suffisants pour amener les gens à la bonne température ?
Lorsque vous connaissez votre destination, que vous entrainez les gens au-delà du rassemblement du dimanche, et que vous augmentez la température spirituelle dans ces espaces, vous êtes sur la bonne voie pour faire des disciples qui vivent, et qui vivent comme Jésus.
Étape 4 : Mettez en œuvre les meilleures pratiques.
Les théoriciens de l’éducation nous disent que la meilleure approche pour apprendre/former des étudiants, c’est un mélange de cours magistraux, d’apprentissage et d’immersion.
Les cours magistraux sont une bonne approche pour transmettre des informations. L’apprentissage est la meilleure pour maîtriser des compétences. Si vous deviez vous faire opérer du cœur, accepteriez-vous un chirurgien qui a simplement suivi des cours et lu des livres sur la chirurgie cardiaque ? Vous voudriez quelqu’un qui a passé du temps en milieu hospitalier et fait son apprentissage auprès d’un chirurgien qualifié. Il en va de même pour tout métier spécialisé : menuisier, plombier, cuisinier, etc. La troisième approche, l’immersion, c’est la façon dont un petit enfant apprend à parler une langue. Vous mettez simplement un petit enfant dans un environnement où il est entouré de francophones, et il apprendra naturellement à parler français.
Mais les théoriciens de l’éducation nous diraient que l’apprentissage optimal de n’importe quelle langue impliquerait ces trois approches : des cours de français de 100 à 400 leçons, l’embauche d’un professeur de français pour travailler avec vous individuellement, et passer une année en France pour vous immerger dans la culture. Il est fascinant de penser que Jésus (l’homme le plus intelligent qui ait jamais vécu) a intégré ces trois styles d’apprentissage dans le cadre de la formation de Ses disciples.
Théorie de l’éducation | Le style de discipulat de Jésus |
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(Jean 6 :25-59) |
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(Luc 10 :1-24 / Matthieu 10) |
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(Marc 3 :14) |
Dans le contexte de l’église locale, nous efforçons-nous d’intégrer ces trois approches dans notre modèle. Les cours magistraux se font dans le cadre du culte ou d’autres espaces d’enseignement. L’apprentissage se fait en petit groupe plus personnels, et dans un cadre de formation. L’immersion se fait dans le contexte de la communauté lorsque toute la gamme des expériences de vie en groupe (grand groupe, petit groupe, micro-groupe) et toutes vos équipes de travail fonctionnent de manière optimale renforçant la mission de formation de disciple.
Réflexions finales.
Au cours des dernières décennies, on a vu les églises construire des milliers de bâtiments, enregistrer des centaines de milliers de « décisions pour Jésus » mais perdre la culture de discipulat. Pourquoi ? Parce que la culture séculière a fait des membres d’églises ses disciples, beaucoup plus efficacement que l’Église n’a fait des disciples de son propre peuple. Nous nous sommes contentés de demander des décisions lorsque Jésus nous appelle à faire des disciples.
Pour faire de l’Église des disciples et retrouver une culture de discipulat, nous devons reconstruire celle-ci dans l’Église. Nous devons embrasser la vision de Jésus de créer des colonies du ciel sur terre. Nous appelons ces colonies : l’Église. Elle est composée de vrais disciples qui ont prêté allégeance à Jésus et font activement Sa volonté dans ce monde. Jésus a envahi cette planète il y a deux mille ans et, selon les mots d’Abraham KUYPER, a planté un drapeau dans ce monde, déclarant : « Il n’y a pas un centimètre carré dans tous les domaines de notre existence humaine où le Christ, qui est souverain sur tout, ne crie : « À moi ». Son mouvement continue à ce jour. Il vous invite à rejoindre la révolution.










