Une prise en charge indispensable pour durer sur le champ.(A partir d’une étude effectuée parmi des missionnaires expatriés d’origine brésilienne)I Introduction : quelques constats sur les retours prématurés de missionnaires.La santé et la qualité de vie des missionnaires sont des sujets essentiels tant pour eux-mêmes que pour leur famille et pour leur travail. Elles doivent …

Une prise en charge indispensable pour durer sur le champ.
(A partir d’une étude effectuée parmi des missionnaires expatriés d’origine brésilienne)

I Introduction : quelques constats sur les retours prématurés de missionnaires.

La santé et la qualité de vie des missionnaires sont des sujets essentiels tant pour eux-mêmes que pour leur famille et pour leur travail. Elles doivent faire l’objet de toute l’attention des agences missionnaires, ainsi que des églises qui les envoient sur le champ de mission. Mais elles doivent être, avant tout, l’objet de toute l’attention de l’envoyé lui-même, qui doit veiller à prendre soin de lui, dans tous les domaines de sa vie. 

Les problèmes de santé des ouvriers vont tôt ou tard impacter les domaines spirituel et émotionnel. Des difficultés pourront apparaitre dans l’exécution des projets, et possiblement conduire au retour prématuré de l’ouvrier et sa famille. Il en est de même d’une détérioration des relations familiales, ou encore d’une baisse de la qualité de la vie personnelle du missionnaire : elles peuvent avoir des conséquences sur le résultat du travail en mission.  Si l’on ajoute à cela un degré de stress élevé et continu, causé par divers facteurs cumulés, cela peut nuire à la famille du missionnaire pendant son séjour sur le champ, et aussi conduire à un retour prématuré.

Les facteurs de stress ajoutés au manque d’attention portée par le missionnaire à sa propre santé, dans une perspective de prévention, sont en lien direct avec la question du retour prématuré.

Considérons les facteurs de stress.

Le stress personnel et familial a été identifié comme étant la cause principale du retour prématuré des leaders expatriés, non seulement dans le contexte missionnaire, mais aussi dans le monde séculier. Exemple : environ 30% des cadres affectés à l’étranger par les États-Unis reviennent plus tôt que le terme prévu. Les dommages humains dépassent les pertes financières : chaos émotionnel, familles brisées, carrières compromises,  maladies graves et autres sont le prix à payer pour avoir négligé son bien-être personnel global.

La supervision de la vie spirituelle des missionnaires est donc vitale : elle affecte leur bien-être à différents niveaux. Si elle est négligée, elle peut être cause de conflits familiaux et conjugaux, pouvant ensuite conduire à un style de vie immoral et autres problèmes délicats.

Tout missionnaire est le premier responsable de sa santé et de son bien-être !

Face à ces données, il apparait que le soin de soi et la prévention doivent être intentionnels de la part du missionnaire. Se décharger de ses responsabilités sur des tiers, en ce qui concerne sa propre santé et sa qualité de vie alors qu’il est sur le champ, est une grave erreur pouvant avoir de grandes conséquences. 

C’est à chacun, personnellement, qu’incombe d’abord la responsabilité de sa propre santé.

Nous allons nous arrêter sur sept domaines de la vie du missionnaire, qui peuvent pousser à un retour prématuré.  Et nous ferons la lumière sur des aspects pertinents concernant la prévention, et ce que l’on appelle l’« autosoin ». 

L’autosoin est un terme de plus en plus utilisé. Il s’agit de toutes les mesures qu’une personne peut prendre pour gérer les facteurs de stress dans sa vie et prendre soin de sa propre santé et de son bien-être, afin de rester en bonne santé physique, mentale, émotionnelle et spirituelle. Cela concerne autant l’hygiène de vie, que l’alimentation, le sommeil et le repos, la discipline spirituelle, le suivi médical, la qualité des relations … 

Nous verrons que les aspects les plus problématiques sont davantage liés au caractère qu’aux compétences. Il s’agit des domaines qui touchent la vie personnelle de l’ouvrier.

II Prévention et autosoin  dans 7 dimensions de vie personnelle.

Toutes les dimensions de la vie de l’ouvrier sont interdépendantes ; ainsi, chaque dimension mal entretenue peut affecter les autres aspects de sa vie (effet domino).  Cela aura une incidence directe sur son développement personnel, familial, ministériel et, potentiellement, sur sa mission devant Dieu. L’ouvrier doit donc rechercher l’équilibre et prendre soin lui-même des sept dimensions de sa vie : spirituelle, émotionnelle, physique, familiale, éducative, financière et socio-relationnelle.

  1. La dimension spirituelle.

« Vous les hommes, jusqu’à quand mépriserez-vous ma gloire ? Jusqu’à quand aimerez-vous ce qui est sans valeur et rechercherez-vous le mensonge ? » (Psaume 4 :3 – Seg21) 

Le maintien des disciplines spirituelles est essentiel et vital. L’ouvrier ne doit pas oublier que l’œuvre du ministère et son bien-être personnel ainsi que celui de sa famille, dépendent de la puissance de Dieu, et non de ses propres forces ou de ses connaissances. Le temps de rencontre quotidien de chaque ouvrier avec Dieu est fondamental pour son bien-être dans toutes les dimensions de sa vie. Même et surtout sous la pression du travail et du ministère.

« Le grand danger, lorsque nous méprisons les disciplines spirituelles, c’est que notre ministère se transforme en travail humain, en effort charnel et ne repose plus sur l’action de Dieu à travers nous. » (Silva Junior) 

Prévention et autosoin

  • La prévention et l’autosoin dans le domaine spirituel consistent d’abord en la pratique quotidienne des disciplines spirituelles : elles sont source de vie, personnelle et familiale, ainsi que de puissance et de développement pour le ministère. 
  • Elle consiste également en la recherche intentionnelle ou au maintien d’un accompagnement personnel et d’une redevabilité (supervision du pasteur de l’église d’envoi, Membercare, mentorat, etc.).
  1. La dimension émotionnelle.

  » Un cœur joyeux rend le visage plaisant, mais quand le cœur est triste, l’esprit est abattu. » (Proverbes 15 :13 – Seg21) 

Le travail missionnaire est un travail intense et parsemé de situations changeantes et inattendues, de défis et de luttes spirituelles, physiques et émotionnelles. Le rythme de travail cumulé entraîne un stress et une surcharge émotionnelle. Ces moments de crise produisent des sentiments d’incapacité, des questionnements quant à sa propre identité et même des doutes quant à son appel.

« …le stress nous affecte tous. Il est inévitable, il fait partie de la vie normale. Le problème, c’est le stress cumulé, qui peut faire tomber même les missionnaires les plus forts ». (O Donnel) 

Vivre et souffrir sous la tyrannie de l’urgence favorise, chez l’équipier et sa famille, le stress, la frustration et l’épuisement.

Les ouvriers sont souvent confrontés à un climat d’insécurité : contexte sociopolitique agité, terrorisme et insécurité sur les routes, instabilité climatique…

Prévention et autosoin

  • La recherche de temps de rafraîchissement, la conscience de l’importance des jours de repos et des vacances, sont fondamentales pour que le leader et sa famille grandissent et mûrissent de manière émotionnellement saine.
  • Avoir un passe-temps, un hobby qui permet quelques instants d’évasion.
  • Des retraites spirituelles, seul, en famille, ou en équipe : pour recentrer les vies. Christ est le seul rocher de nos âmes.
  • Respecter les consignes de sécurité de la Base d’envoi (pays d’envoi) et de l’ambassade là où on réside. 
  • Créer un cadre familial « sécure », sans pour autant être dans un ghetto.
  • Un temps de débriefing est prévu au retour en congé, c’est une nécessité qui peut se renouveler. 
  1. La dimension physique. 

 » Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?  » (1Corinthiens 3 :16 – Seg21)

Notre corps a des limites. Notre santé pâtira tôt ou tard de la façon déséquilibrée dont nous vivons. Investir dans sa santé aide l’équipier à prolonger ses années de service pour le Seigneur. De nombreux missionnaires doivent revenir du champ pour des problèmes de santé, et c’est une cause fréquente de retours prématurés.

Si l’équipier veut offrir le meilleur au Seigneur, il doit prendre soin de lui-même. Il ne doit pas tomber dans la tentation de surinvestir son engagement dans le travail, en s’oubliant lui-même. 

Nous sommes des êtres humains, nous sommes tous sensibles au stress et aux maladies physiques. Dans certains pays, la chaleur représente un gros stress physique.

Prévention et autosoin

  • Prendre soin de son corps comprend une alimentation saine et équilibrée, des examens médicaux préventifs ou qui s’avèrent nécessaires, la pratique régulière d’exercices physiques, et bien sûr des temps de repos et de sommeil suffisants (y compris la sieste).
  • L’idéal est le modèle du shabbat : un jour de décrochage par semaine. Mais, généralement, l’emploi du temps d’un ouvrier transculturel n’est pas linéaire : si prendre un jour de congé par semaine n’est pas possible, il faut développer un autre modèle de repos, qui permette de se détacher et de se ressourcer pendant un temps suffisant.
  • Prévoir, selon le contexte, de quitter le champ missionnaire pendant les périodes les plus chaudes, pour aller dans une zone plus tempérée.
  • Dans les régions concernées, respecter la prophylaxie antipaludéenne et la protection antimoustiques (moustiquaires…)
  • Lors des congés en France, prévoir un vrai temps de vacances, sans visites ni tournées missionnaires. Afin de ne pas revenir sur le champ plus fatigué que lorsqu’on l’a quitté.
  1. La dimension familiale.

« Si une maison n’est pas construite par l’Éternel, ceux qui la construisent travaillent inutilement ; si une ville n’est pas gardée par l’Éternel, celui qui la garde veille inutilement. » (Ps 127 : 1 – Seg21)

La dimension qui affecte probablement le plus la vie de l’envoyé est celle de sa famille. La famille devrait être un havre sûr, un baume de rafraîchissement et de réconfort à la fin d’une journée de travail.

En famille, nous sommes ce que nous sommes vraiment. Dans le foyer, les cœurs sont dévoilés avec davantage de transparence. Chaque équipier devrait chercher à avoir une famille saine. Mais qu’est-ce qu’une famille en bonne santé ? 

La famille saine sait gérer la plupart des adversités qui peuvent survenir. Une bonne dynamique familiale crée un environnement favorable pour relever les défis. Un foyer sain n’est pas un foyer sans problèmes, mais un foyer où les gens savent identifier les problèmes et cherchent à les résoudre. C’est un foyer où les parents s’aiment en faisant preuve de complicité, d’acceptation et de respect mutuels. Et qui vont procurer, à leur tour, un sentiment de sécurité aux enfants. Ils vont construire des relations avec chacun des enfants et gérer le flux des relations dans la fratrie. C’est un foyer où chacun se sent écouté, accueilli, respecté, encouragé, corrigé dans l’amour. » (Macedo, « Nous sommes le changement », 2001)

Il n’y a pas de famille, ni de mariage parfait. Kornfield évoque trois types de mariage : 

« Le mariage a tendance à être : dysfonctionnel (il ne fonctionne pas bien) ; fonctionnel (il ne répond qu’aux besoins de base) ; et, exceptionnellement, il apporte une profonde sécurité, la joie et un accomplissement […] tout mariage est un mélange de ces trois tendances. » (Kornfield, « Le chef qui brille », 2006)

Prévention et autosoin

  • La famille doit être la priorité de tout équipier, il doit lui consacrer du temps et de l’attention. Dans un contexte où les enfants sont généralement très présents à la maison, prévoir des temps « en famille » de qualité : culte en famille, soirées jeux, temps de discussion…
  • En même temps les parents encouragent leurs enfants à avoir des relations avec les enfants du quartier (pas de tour d’ivoire).
  • L’équipier doit rechercher des informations (notamment sur les enfants de 3ème culture ETC), des orientations et des outils de prévention pour prendre soin de lui et des relations à l’intérieur de la famille. 
  • Dans le cadre du suivi membercare, ne pas hésiter à évoquer la situation des enfants.
  • Si nécessaire, il devra rechercher un accompagnement et un conseil pastoral, ou faire appel à un professionnel.  Ces personnes seront un soutien pour l’aider à avoir une famille saine tout en respectant le but de Dieu dans sa vie.
  • Prévoir un débriefing en famille, lors d’un congé au pays.
  1. La dimension cognitive et formatrice.

 » Un cœur intelligent acquiert la connaissance, et l’oreille des sages la recherche. » (Proverbes 18 : 15 – Seg21)

La dimension cognitive est à développer et à nourrir dans le ministère. Celui-ci n’est pas le seul fruit d’un appel et d’une révélation spirituelle. 

L’équipier doit développer son leadership et les compétences indispensables à un ministère efficace et motivant. Il doit veiller aussi au développement et à la croissance personnels de ses enfants et de son épouse. L’instruction et la formation doivent s’étendre à l’ensemble de sa famille, afin que celle-ci soit de plus en plus pertinente et adaptée à son contexte de vie. Les familles bien formées et préparées seront plus fortes face à l’adversité et aux défis de la vie et du ministère.

Gagnant en compétence, l’équipier est mieux à même de développer un ministère avec des objectifs clairs. Il sait où il va.

O Donnel, co-auteur du livre « Soin intégral du missionnaire – perspective pratique dans le monde » (2004), souligne l’importance de la formation pour l’orientation des missionnaires :  « Les bonnes décisions sont basées sur une bonne formation. »  

Prévention et autosoin

  • L’autosoin dans cette dimension consiste en une recherche intentionnelle et ciblée de formations continues pour chaque membre de la famille. Par le biais de formations en présentiel ou d’enseignement à distance, de vidéos, de livrets et manuels d’enseignement, et tout type de matériel ayant un contenu qui permet le développement individuel de chacun.
  • Les enfants doivent pouvoir bénéficier d’une instruction scolaire optimale en prévision de leur avenir.
  • D’autre part, un ministère bien conçu s’énonce clairement, de préférence par écrit. Il présente une vision claire des objectifs et des activités. 
  1. La dimension financière.

 « Heureux tout homme qui craint l’Éternel, qui marche dans ses voies ! Tu profites alors du travail de tes mains, tu es heureux, tu prospères.  » (Psaume 128 : 1-2) – La dimension financière touche nos propres besoins, et ceux de la population locale, généralement très pauvre. 

Beaucoup de missionnaires envoyés vivent de dons ; certains ont une activité professionnelle (les faiseurs de tentes), mais ils ont besoin de dons complémentaires pour assurer leur budget. Avant de partir sur le champ, ils ont évalué le budget qui leur sera nécessaire (variable selon les pays) et partent sur le terrain lorsqu’ils ont obtenu au moins 70% de leur budget ; ils comptent sur la provision de Dieu pour le pourcentage manquant. Les envoyés ne sont pas tous confrontés aux mêmes réalités. Certains sont dans des capitales où la vie est très chère. À cela s’ajoutent des frais de scolarité qui n’étaient pas prévus. Ils ont du mal à joindre les deux bouts. 

On l’a vu, les problèmes financiers sont l’une des raisons principales d’un retour prématuré des missionnaires, quelle que soit leur pays d’origine. 

D’un autre côté, les envoyés sont confrontés à la pauvreté de la population locale. Même si, en tant qu’expatriés, leurs revenus sont modestes, ils sont perçus comme « riches » par les locaux. Certains envoyés sont mal à l’aise et culpabilisés face à cette situation. Doivent-ils répondre à toutes les demandes d’argent, à toutes les sollicitations, pour soulager leur conscience ? Et comment ? Doivent-ils vivre « comme des pauvres », au risque de négliger les besoins de leur famille ?

Il est légitime que l’envoyé se préoccupe du bien-être, de la sécurité et du confort de sa famille, et une gestion efficace de ses ressources financières est essentielle pour qu’il y ait la paix dans le foyer et au travail. Cependant, les ressources financières doivent être cohérentes et adaptées à la réalité du contexte dans lequel il vit. Il doit avoir le sens d’une juste mesure et donner un bon témoignage. Dans son livre « Missionnaires blessés » (Meer, 2009), la missionnaire expérimentée Antonia Van der Meer, parle de l’importance du concept « d’intendance » dans la vie missionnaire : 

« En ce qui concerne l’aspect financier, il est bon que les missionnaires aient un style de vie simple, et qu’ils s’identifient au plus près au peuple local, le servant avec amour et respect, et en le considérant comme un partenaire. Cette identification a bien plus de valeur que le paternalisme affiché par certains missionnaires qui semblent riches, à cause leur mode de vie et parce qu’ils ont des ressources faciles. Dieu nous a confié Ses ressources matérielles et financières, non pas comme si nous en devenions les propriétaires, mais comme des intendants. »

Les missionnaires comptent avant tout sur la provision de Dieu. Mais ce sont eux les intendants de tout ce que le Seigneur leur accorde et ils utilisent leurs ressources financières pour la gloire de Dieu

Prévention et autosoin

  • La prévention et l’autosoin dans la gestion de l’argent commencent par la prière et la foi : Dieu est notre premier pourvoyeur.  
  • En second lieu, l’envoyé maintient un lien étroit avec ses donateurs (lettres de nouvelles, visites pendant les congés…) et recherche de nouvelles sources de revenus si besoin (visites d’églises, présentation de projets…).
  • Enfin, il a une bonne administration de ses finances et une manière pertinente de les utiliser. 
  • L’envoyé veille à ce que les besoins de sa famille soient comblés.
  • Il est généreux et sensible aux besoins des pauvres en veillant, autant que possible, à responsabiliser et aider les personnes à s’auto-financer à long terme, afin de ne pas créer de dépendance à son égard.
  1. La dimension sociale et relationnelle.

 « Veillons les uns sur les autres pour nous encourager mutuellement à l’amour et à la pratique du bien.  (Hé10 :24 Le Semeur)

À l’instar de notre Créateur, nous sommes des êtres de relations. Nous avons besoin les uns des autres. Sur le terrain, les missionnaires sont en interaction (en dehors de leur conjoint et enfants) avec les membres de leur équipe, les membres de la communauté missionnaire de leur secteur (s’il y en a une) et la population locale. La relation est certainement le meilleur outil de travail dans l’univers transculturel. Mais elle peut-être aussi source de conflits et de stress.

Aujourd’hui, les nouvelles technologies permettent aux envoyés de maintenir des liens (parfois quotidiens) avec leur famille et leurs proches… qui se trouvent à des milliers de km ! S’ils n’y prennent pas garde, ces relations à distance et hors contexte ministériel peuvent se faire au détriment des relations sur place, et ralentir leur intégration au pays d’accueil.

Les envoyés peuvent davantage souffrir d’isolement et de solitude (d’autant plus s’ils sont célibataires). L’équipe de travail (qui peut être multiculturelle et source de problèmes de communication), la communauté missionnaire (souvent composée de missionnaires de nationalités multiples) et la population locale qu’ils sont venus servir, ne répondent pas toujours à leurs besoins de vis-à-vis, de soutien, d’amitié et de redevabilité.

Ils n’ont pas toujours quelqu’un avec qui partager leurs joies, leurs peines et leurs combats. 

D’autre part, les interactions avec les locaux peuvent générer du stress : certains équipiers négligent alors les relations avec eux et se réfugient dans des relations exclusives avec d’autres expatriés et/ou leur famille. 

Afin de ne pas tomber dans la ghettoïsation ou dans l’isolement (avec tout ce que cela comporte comme risques de déviance et de mal-être), les missionnaires doivent être très intentionnels dans le domaine des relations.

Prévention et autosoin

L’autosoin dans le domaine relationnel se situe à plusieurs niveaux, du plus superficiel au plus intime, du plus formel au plus informel, du plus proche au plus lointain.

  • Se joindre à des frères et sœurs pour des moments de loisirs et de détente : soirées jeux, balades…
  • Développer des relations intimes d’amitié avec au moins une personne (expatriée ou locale), avec qui partager ses combats et ses tentations : notons que ce n’est pas toujours évident, en tant qu’expatrié, d’évoquer ses luttes avec des locaux. 
  • Dans le cadre de notre organisation, le pasteur de l’église d’envoi garde son rôle de conseiller spirituel. Ne pas hésiter à le solliciter régulièrement à distance. Aujourd’hui, la technique le permet.
  • Profiter du membercare et de son suivi régulier pour aborder toute question relative à la réalité du terrain, à la vie familiale et personnelle.
  • Limiter son temps sur l’ordinateur et sur les réseaux sociaux pour avoir une routine quotidienne en dehors de chez soi. Privilégier les relations avec les locaux. Plus elles seront développées, plus elles seront positives.
  • L’envoyé veille à maintenir de bonnes relations avec son équipe et les locaux. Loin de s’impliquer dans des conflits inutiles, il est un ouvrier de paix. Cela déterminera en grande partie l’orientation et le succès de son ministère. 

Il peut s’appuyer sur l’outil Peace-making pour gérer les éventuels conflits relationnels.

Il sait reconnaitre ses torts et demander pardon.

Conclusion :

La première préoccupation de l’envoyé ne devrait pas être les résultats de son travail, mais la prévention et l’autosoin dans les sept dimensions de sa vie, et cela de manière intentionnelle. 

Un envoyé sain et équilibré dans toutes les dimensions de sa vie exercera sa mission avec plus d’efficacité, plus longtemps dans la durée, et avec une plus grande satisfaction personnelle et familiale. 

Tags:

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *