Différents types d’accompagnement dans l’entreprisePour comprendre le mentorat dans toute son étendue et ses diverses utilisations, il est utile d’aller regarder dans le monde de l’entreprise. Ainsi, je vous propose une série de 3 articles directement en lien avec le monde de l’entreprise, qui vont nous inspirer (et aussi nous avertir de certains dangers) dans …
Différents types d’accompagnement dans l’entreprise
Pour comprendre le mentorat dans toute son étendue et ses diverses utilisations, il est utile d’aller regarder dans le monde de l’entreprise. Ainsi, je vous propose une série de 3 articles directement en lien avec le monde de l’entreprise, qui vont nous inspirer (et aussi nous avertir de certains dangers) dans notre réflexion et notre pratique du mentorat au sein du monde chrétien.
Mentorat, Tutorat, Parrainage…
Ce premier article est inspiré du site : Article Bee Coaching
Depuis longtemps, le monde de l’entreprise cherche à optimiser ses formations professionnelles. Ainsi ont été progressivement mises en place des stratégies d’accompagnement personnalisées et adaptées, pour répondre aux besoins et aux attentes spécifiques des apprenants. Plusieurs accompagnements se dessinent : le mentorat, le coaching, et le tutorat notamment. Ces différentes notions, souvent floues ou confondues, présentent des réalités d’accompagnement voisines et distinctes à la fois, très complémentaires.
Pourquoi ?
Parce qu’on s’est rendu compte que l’accompagnement personnalisé est un atout majeur quand il est question notamment :
- d’intégrer des jeunes ou un nouveau salarié dans l’entreprise et/ou dans une équipe ;
- de créer de nouvelles équipes et former de nouveaux cadres ;
- de transmettre une expertise et un relais, lorsque des seniors partent en retraite ;
- de reconversion au cours d’une carrière professionnelle ;
- etc.
C’est ainsi que se développe le tutorat, le parrainage ou le mentorat pour créer les conditions favorables au développement de l’individu et à une coopération créatrice de valeur pour l’entreprise. Si les termes sont connus et communément utilisés, les concepts qu’ils représentent génèrent un débat dont les enjeux méritent un positionnement défini.
1 Le tuteur
Le tuteur est un salarié d’une entreprise qui a pour vocation de faire acquérir à l’apprenant des savoirs professionnels convenus dans une progression déterminée. Il devient alors le référent de l’apprenant. Il va accompagner l’apprenant dans sa formation en transmettant un savoir-faire et une technique professionnelle. Le tuteur évalue les progrès et les compétences de l’apprenant par le biais d’un référentiel de certification — ce qui est le cas pour les jeunes en alternance par exemple — ou un référentiel de formation.
La relation entre le tuteur et l’apprenant est une relation d’entraide. En plus de la transmission du savoir et de la technique, la relation dans un tutorat doit prendre en considération un 3e point, à savoir le centre de formation, avec lequel le tuteur entretient des relations pédagogiques pendant toute la formation.
Le tuteur est un professionnel volontaire et bénévole. Son intervention dans l’entreprise présuppose l’existence d’un ensemble de savoirs professionnels qui sont bien évidemment maitrisés par le tuteur.
- Comment reconnaître un bon tuteur ?
Il doit maitriser les savoirs et techniques professionnels de référence et disposer de compétences en communication et un savoir-faire pédagogique indéniable.
Note sur le tutorat : dans l’église et les œuvres chrétiennes, savons-nous mettre en valeur les qualités et compétences de ceux qui sont expérimentés, ceux qui présentent une certaine maturité ou/et un savoir-faire particulier, indépendamment de toute fonction religieuse ou ecclésiale ou titre ? Ne sont-ils pas tout désignés pour être de bons « faiseurs de disciples », des « tuteurs » pour ceux qui s’approchent du Seigneur ou pour les jeunes croyants, afin de leur transmettre leur « savoir-faire » ?
2/ Le mentor.
Le mentor, quant à lui, est un professionnel expérimenté qui a réussi à l’extérieur de l’entreprise pour laquelle il travaille. Il vient apporter un soutien à un apprenant moins expérimenté en mettant en avant deux aspects essentiels : le développement de sa carrière et un soutien davantage personnalisé (psychologique, émotionnel).
Dans ce cadre, le mentor cherche avant tout à transmettre un savoir ou une technique à un autre, en général plus jeune. Pour que la relation entre mentor et mentoré soit la plus efficace possible, il est essentiel qu’il n’y ait aucune relation hiérarchique entre eux. Le mentor, à l’instar du tuteur, a une obligation de mettre à disposition des connaissances et des techniques professionnelles, en revanche, il n’a aucune obligation de résultat.
L’objet du mentoring porte ainsi sur des champs différents :
- le partage de connaissances ;
- la promotion d’une idée en interne et l’accompagnement au changement ;
- des conseils sur des aspects professionnels ou sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ;
- un accompagnement pour une transition professionnelle ; Etc.
Le mentor partage aux mentorés ses expériences, il aide les uns et les autres à décider des situations ou à faire des choix. Il va aussi réguler les émotions personnelles et parfois au sein d’une équipe, apporter comme une sorte de « soupape de sécurité » afin d’éviter les tensions. Finalement le mentor est le professionnel qui crée du lien social dans l’objectif d’apporter un vrai bien-être au travail et, in fine, une productivité améliorée.
Note concernant le mentorat : quand nous formons de jeunes responsables et de nouveaux ministères, qui ont besoin de travailler avant tout leur savoir-être, avons-nous recours à des mentors expérimentés et dignes de confiance pour accompagner les uns et les autres dans leur progression personnelle ? Est-ce que nous formons et préparons des mentors, en vue d’accompagner les générations nouvelles ?
3 Le coach.
Le coaching en entreprise est une forme de mentorat qui se développe énormément ces dernières années. Concrètement, c’est un accompagnement d’individus ou d’équipes dans le développement de leur potentiel et de leur savoir-faire en vue d’un objectif professionnel. Le coach aide le salarié à devenir une meilleure version de lui-même au sein de l’entreprise. On va donc miser principalement sur le développement personnel et non sur la formation stricto sensu.
Grâce à des entretiens individualisés, personnels, le coach fait émerger différentes clés propres à chacun où il révèle aussi bien des axes de succès comme des freins à l’épanouissement personnel et professionnel. Concrètement, il aide son client ou son équipe à élaborer ses propres solutions. Il intervient généralement pour aider à régler un conflit, mais aussi pour accompagner des équipes lors d’un changement ou d’une transition ou encore pour soutenir une politique RH. L’intervention d’un coach en entreprise s’inscrit dans le cadre d’un contrat qui prévoit des échéances et des résultats qui peuvent être évalués à terme.
Note sur le coaching : dans nos problématiques de vie d’église ou d’œuvre chrétienne, dans nos besoins de formation et d’apprentissages, savons-nous faire appel à ceux qui peuvent développer notre savoir-faire et nous équiper dans des domaines précis, qu’ils soient membres de la communauté ou externes à notre milieu ?
Les caractéristiques d’un bon mentor dans l’entreprise.
Quels que soient le type et la désignation du mentor, celui-ci dispose de caractéristiques inhérentes à sa fonction d’accompagnateur.
Là où le formateur ou le tuteur vont transmettre essentiellement des savoir-faire, le mentor s’attache à transmettre davantage un savoir-être.
En effet, le formateur et le tuteur interviennent sur un contenu précis et utilisent des techniques pour sa transmission du savoir.
Le coach, quant à lui, intervient comme complément d’une acquisition technique. Son but est de rendre la technique acquise opérationnelle dans un contexte particulier qui évolue en se basant sur des compétences relationnelles.
Un bon mentor est un professionnel qui est proche de l’apprenant.
Il peut ainsi partager son vécu et ses expériences. Alors que le formateur et le coach n’ont pas besoin nécessairement de cette proximité, le mentorat valorise cette proximité entre apprenant et accompagnateur.
Un bon mentor sait définir le cadre et le contexte dans lequel se déroule la relation avec le mentoré.
En ce qui concerne le contexte, le coaching et la formation offrent généralement un cadre structuré. Ces professionnels instaurent des balises claires et des objectifs lisibles. Pour le mentor, la liberté d’accompagnement est plus grande, car elle s’exprime via des rendez-vous organisés de manière plus libre, des sujets plus vastes en fonction des besoins du moment.
En somme, tous ces rôles se semblent se ressembler, mais ne se superposent jamais. Il est essentiel alors d’avoir en tête les objectifs visés, le contexte de l’apprentissage et ce qui est attendu à terme. Dès lors, vous serez à même de trouver le bon profil d’accompagnant.
Note finale concernant le mentor efficace : les trois éléments cités dans ce dernier paragraphe s’appliquent tout à fait à la pratique du mentorat spirituel dans les milieux chrétiens. A chacun d’en tirer profit !










