(article inspiré du site paroledementor.com de Alain STAMP)Dans cet article, j’introduis la question du mentorat spirituel, tel qu’il est généralement pratiqué de nos jours dans les milieux chrétiens. Sur ce site, d’autres articles complètent ces notions et/ou abordent la question du mentorat séculier, notamment dans le monde de l’entreprise.Le mot « Mentor » est apparu dans le …
(article inspiré du site paroledementor.com de Alain STAMP)
Dans cet article, j’introduis la question du mentorat spirituel, tel qu’il est généralement pratiqué de nos jours dans les milieux chrétiens. Sur ce site, d’autres articles complètent ces notions et/ou abordent la question du mentorat séculier, notamment dans le monde de l’entreprise.
Le mot « Mentor » est apparu dans le monde des affaires et du travail dans les années 1970. C’est en fait un terme ancien, qui vient des écrits de l’écrivain grec Homère, vers 800 avant JC. Dans l’ILIADE, MENTOR est un nom propre, celui du personnage ami d’Ulysse, qui prend en charge l’éducation de son fils Télémaque, lorsque Ulysse part pour la guerre de Troie. Mentor est devenu le symbole du sage conseiller.
I DEFINITION GENERALE :
Un mentor est une personne expérimentée qui transmet son savoir-être et son savoir-faire à quelqu’un de plus jeune. Il est comme un guide, un conseiller et un modèle.
Le mentorat est une relation d’apprentissage entre deux personnes : le mentor partage ses connaissances, son expertise, ses acquis et la sagesse de son expérience avec le mentoré, une personne moins expérimentée. C’est une forme d’accompagnement pédagogique, pratiqué dans divers domaines.
LE MENTORAT en MILIEU CHRETIEN :
Le mentor est une personne de foi, dotée d’une expérience spirituelle solide, de maturité et de compétences ; Il se rend disponible pour s’investir de façon durable dans une autre personne (le mentoré), pour l’accompagner, l’équiper, le défier, pour le faire progresser et l’aider à atteindre le plein potentiel que Dieu a placé en lui.
Le mentorat spirituel consiste en un soutien personnel volontaire à caractère confidentiel, pour répondre aux besoins particuliers du mentoré, en fonctions d’objectifs liés à sa croissance personnelle et à son ministère. Dans le service chrétien, l’être et le caractère ont autant d’importance que les connaissances et le savoir-faire.
On peut dire que le terme « mentor » inclut des notions comme : ami, modèle, facilitateur, confident, conseiller ou « guide », pour contribuer au développement et la transformation de celui ou celle qui le lui demande.
Le mentoré bénéficie de l’aide du mentor pour découvrir ses aptitudes, accroître sa confiance, discerner la volonté de Dieu, établir ses objectifs personnels et spirituels liés au ministère.
- Il est enseignable et aime apprendre ;
- Il désire une relation de confiance et de respect avec le mentor, en dehors de tout cadre « hiérarchique » ;
- Il peut exprimer ses besoins, ses attentes, ses interrogations ; ses victoires et ses défaites ;
- Il accepte la rétroaction ou feedback, les conseils, il est capable de se remettre en question quand cela s’avère nécessaire pour lui.
II Divers rôles et postures du mentors
Le mentorat est fondé en premier lieu sur la qualité de la relation entre le mentor et le mentoré. C’est dans une relation d’amitié que se construit la confiance réciproque.
1Corinthiens 4 :14-17 « … Je vous avertis comme mes enfants bien-aimés. En effet, quand vous auriez dix mille précepteurs en Christ, vous n’avez cependant pas plusieurs pères, puisque c’est moi qui vous ai engendrés en Christ-Jésus par l’Evangile. Je vous exhorte donc : Soyez mes imitateurs. A cet effet, je vous ai envoyé Timothée, qui est mon enfant bien-aimé et fidèle dans le Seigneur ; Il vous rappellera mes voies en Christ, telles que je les enseigne partout dans toutes les églises ».
Notons ici les diverses postures mentionnées par Paul :
– Vis-à-vis des membres de l’église de Corinthe, Il est comme un « géniteur » spirituel ou un « père spirituel » : il a « engendré » cette église en milieu païen (même s’il ne connait pas tous les membres en profondeur un par un, surtout qu’il n’habite plus sur place). En cela, Paul demande aux croyants de Corinthe d’imiter sa foi.
– Cependant, Paul ne se pose pas comme « mentor » des Corinthiens – on ne peut pas être mentor d’une communauté ; on est mentor de quelques individus choisis.
– Paul est véritablement le mentor de Timothée, qu’il a adopté comme son « enfant spirituel dans le ministère » – En effet, ce n’est pas Paul qui a amené Timothée à la foi, mais Paul a discerné son ministère en gestation à l’église de Lystres (Actes 16 :1-3) – Paul a investi personnellement en lui pour déverser son ministère, son enseignement, ses pratiques. Et Timothée doit à son tour rappeler ces choses dans les églises où Paul l’envoie, pour veiller à ce que « les voies de Christ » soient respectées.
Voici diverses postures que le mentor peut adopter dans son accompagnement :
- IL est avant tout un modèle qui doit être imité. Il montre l’exemple par sa vie, son ministère, sa famille, ses relations.
- Ami : Il manifeste un cœur d’amitié, de l’affection pour le mentoré ; il y a un terrain d’affinités entre les deux personnes.
- Disponible pour s’investir dans la vie de son mentoré et l’amener au succès.
- Conducteur spirituel dans le sens où « il conduit à Christ ». Il explique ce que signifie suivre Christ, et non pas le suivre lui-même ou une autre personne.
- « Guide spirituel » (mais surtout pas un gourou !) – Il responsabilise, il pousse vers la maturité. A la demande, Il peut proposer une orientation mais sans imposer son point de vue. Mentor et mentoré ont une relation étroite, dans laquelle une vision est partagée.
- Entraîneur : Il inculque motivations et compétences pour relever les défis. Il donne envie de continuer, notamment quand le travail d’équipe est en jeu.
- Conseiller expérimenté : Il donne des conseils spécifiques pour mieux se connaître, découvrir les autres et accomplir son ministère. Il intervient au moment opportun. Il procure au mentoré un système valable pour transmettre des informations et une expérience avérée.
- Enseignant : Il aide à mieux comprendre certains aspects de la Parole de Dieu, et à mettre celle-ci en lien avec les préoccupations ou enjeux du moment. Le vrai enseignant vit ce qu’il enseigne : ainsi ce qu’il dit a une grande portée.
- Pédagogue : Il vit pour servir les intérêts de celui qu’il accompagne. Dans la Bible, nous voyons ce type de relation pédagogique entre mentor et mentoré, entre Barnabas et Saul de Tarse au début de sa conversion (Actes 9, 26-27).
- Soutien : Il donne soutien, protection et réconfort, sur le plan personnel comme professionnel, ministériel. IL se préoccupe aussi de la famille et des proches du mentoré.
- Père spirituel : Notre société connaît une carence ou une absence de vrais pères. Les jeunes recherchent des modèles et des mentors plutôt que des programmes ou des systèmes. Un père est celui dont la foi et la manière de vivre se reproduisent chez ses enfants.
Dans le cadre général de leur fonction, les mentors chrétiens vis-à-vis de leurs mentorés :
– Valorisent et libèrent leurs potentiels et encouragent leurs initiatives ;
– Fournissent des ressources pour qu’ils se développent ;
– Respectent la confidentialité ;
– Refusent les abus d’influence et d’autorité ;
– Insistent sur la dignité et la responsabilité du mentoré ;
– Agissent selon une déontologie biblique ;
– Travaillent à la cohésion dans l’équipe de travail du mentoré et à la mobilisation de celle-ci ;
– Acceptent eux-mêmes d’être supervisés dans leur travail par des personnes reconnues.
L’implication personnelle du mentor vis-à-vis de la personne qu’il accompagne :
1/ Investit du temps et de l’énergie ;
2/ Parle surtout de Jésus et de la Bible ; il parle peu de lui-même, seulement quand cela semble important ;
3/ Questionne et contribue à faire avancer la réflexion de l’autre ; Il confronte quand cela est nécessaire, par exemple en cas de péché ou de chute ;
4/ Prie avec la personne accompagnée ;
5/ Aide l’autre à développer ses capacités et ses compétences ;
6/ Recentre sur les vrais objectifs ;
7/ Donne l’exemple ;
8/ Montre des perspectives et propose des défis ;
9/ Répond à certaines question en offrant plusieurs orientations possibles ;
10/ Pose des questions clés, au moment opportun, pour mener l’autre à réfléchir sur les raisons sous-jacentes à ses difficultés ou ses comportements.
III Mentorat et Coaching.
Notre but ici reste limité, nous ne cherchons pas à creuser le sujet en profondeur.
Les deux mots Mentorat et Coaching sont soit confondus ou/et associés dans le langage courant. L’un et l’autre contribuent à la formation et au perfectionnement de celui qui est accompagné. Pourtant les deux termes sont différents ; ils sont complémentaires et peuvent présenter des zones de chevauchement.
De façon très générale, on peut dire que le mentorat travaille principalement sur l’être et l’orientation générale du mentoré, dans la durée ; alors que le coaching aide la personne à atteindre un objectif précis sur une durée limitée ; une fois l’objectif atteint, le coaching se termine ou s’oriente vers un autre objectif.
Le mentor
- aide le mentoré à réfléchir aux grands enjeux et défis de sa vie : il effectue un travail plus global avec la personne mentorée.
- il est impliqué, mais n’impose pas de décision ou d’ordre.
- est une référence en matière de compétence dans son champ d’activité : par son savoir être, sa discipline, les résultats qu’il a obtenus.
- a une relation définie avec le protégé (les formes sont multiples).
Le coach est motivateur et catalyseur – Il aide à formuler les bonnes stratégies pour atteindre un objectif précis, et un seul à la fois.
Il travaille de près à gérer les problèmes courants et les questions de performance.
Il accélère les processus d’apprentissage et de croissance.
Il n’est pas thérapeute (même s’il peut accompagner pour régler certaines faiblesses).
Il n’est pas un gourou : il respecte la personne accompagnée, sans se sentir supérieur.
Il aide le coaché à trouver ses solutions, Il peut lui ouvrir des portes ou des horizons nouveaux, tout en restant soucieux de son autonomie.
On notera que dans certaines situations, le mentor est amené à faire un coaching temporaire et ciblé avec le mentoré, pour l’aider à atteindre un objectif particulier. Cela doit être bien clarifié entre eux !
IV Quelques avantages que l’on retire du mentorat spirituel.
La communion :
Un mentor est en relation étroite avec le mentoré, qu’il désire faire grandir. Il lui transmet son expérience, sa sagesse, sa connaissance. On peut l’aborder en toute confiance, il est un ami vers lequel on peut se tourner en toute situation pour recevoir de l’aide.
Un modèle :
Nous apprenons mieux en regardant la démonstration faite par quelqu’un d’expérimenté et mûr dans le ministère. Le mentor exerce une influence bénéfique sur celui qu’il guide.
L’Eglise a besoin de mentors en phase avec les dirigeants et les ministères, pour assurer une transmission de la vérité « en parole et en actes », d’une génération à une autre.
L’écoute et la sécurité :
Dans un monde où tout va très vite, où les personnes en responsabilité doivent prendre des décisions importantes pour eux-mêmes et leur famille, pour leurs collaborateurs et leur organisation, etc., parfois en un temps très court. Ils ont besoin de personnes qui savent écouter avec attention et avec une certaine distance, sans préjugé ni jugement, sans désir de les manipuler ou leur imposer une manière de faire ; mais qui veulent les aider à prendre de la hauteur, analyser les paramètres et les situations, examiner les pistes de solutions, trouver les ressources nécessaires, dans un cadre sécurisé.
« Chaque leader est jusqu’à un certain point un homme seul, qui essaie souvent de tenir bon au milieu des conflits, des critiques et des voix intérieures du doute et du découragement, avec toutes les tentations communes à notre condition humaine. Pour les responsables de ministères, le stress est amplifié par la crainte que les autres découvrent ce que nous vivons » (Martin SANDERS).
Ces leaders ont tout simplement besoin de trouver une personne authentique avec laquelle ils peuvent eux-mêmes être authentiques !
La direction :
Le mentor n’a pas pour fonction de diriger le mentoré ni lui fournir des solutions toutes faites. Il n’est pas un directeur de conscience.
Cependant, par ses questions et sa posture, il peut aider le mentoré à trouver son orientation, et lui éviter de suivre de fausses pistes. Il va par exemple demander : « Quelles sont tes priorités ? » et « Comment puis-je t’aider ? » – La définition des priorités est primordiale. Ensuite, le mentor pourra contribuer à mettre en place un plan d’action, ou procurer des moyens d’atteindre les objectifs (en introduisant un peu de coaching !)
Souvent, un obstacle majeur pour un jeune responsable est de ne pas connaître l’étape suivante de son processus de vie. Un mentor l’aidera à trouver la meilleure orientation, à baliser son sentier au bon moment. Cela ne peut se réaliser que dans le cadre d’une relation étroite, avec quelqu’un qui a l’expérience du terrain.
Un moyen de renforcer l’intimité avec Dieu :
Tout ce qui précède a pour finalité ultime de renforcer la relation du mentoré avec le Seigneur. Le mentor chrétien a constamment le souci d’amener celui qu’il accompagne à Christ et au Père, pour :
- qu’il reconnaisse l’action de Dieu dans sa vie ;
- qu’il écoute mieux et discerne la voix de Dieu pour lui-même ;
- qu’il progresse dans son intimité avec Dieu ;
- qu’il grandisse dans la sainteté intérieure et le caractère ;
- qu’il prenne les meilleures décisions pour sa vie et son service pour Dieu.










