De nombreux et excellents ouvrages sont consacrés à l’étude et à la théologie de la Mission. Dans les articles qui figurent dans cette rubrique, je souhaite seulement mettre à la portée de tous et des églises quelques éléments bibliques fondamentaux concernant « le grand mandat » adressé par le Seigneur à la fin de chacun des quatre …
De nombreux et excellents ouvrages sont consacrés à l’étude et à la théologie de la Mission. Dans les articles qui figurent dans cette rubrique, je souhaite seulement mettre à la portée de tous et des églises quelques éléments bibliques fondamentaux concernant « le grand mandat » adressé par le Seigneur à la fin de chacun des quatre évangiles :
« Allez, faites de toutes les nations des disciples… Baptisez-les… Enseignez-les… » Matthieu 28 :19
« Allez dans le monde entier proclamer la Bonne Nouvelle à toute la création… » Marc 16 :15
« Ainsi… le Messie souffrirait et il ressusciterait le 3e jour, et la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem… » Luc 24 :46-47.
« Jésus leur dit (…) Tout comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie.» Jean 20 :21
I Introduction : Essai de définition la Mission chrétienne.
Le nom « Mission» vient du mot latin « Missio » qui signifie « l’action d’envoyer ». Ce verbe latin est l’équivalent du grec « Apostello » utilisé dans le Nouveau Testament, qui a donné en français le mot « Apôtre ».
John Stott, théologien anglais écrit : « La mission découle d’abord de la nature de Dieu, non celle de l’Eglise. Le Dieu vivant de la Bible est un Dieu qui envoie. La mission est d’abord celle de Dieu. » (dans « Mission Chrétienne dans un monde moderne »).
Ainsi, la mission est un ordre essentiel pour l’Eglise, elle n’est pas seulement une branche annexe de la vie d’une assemblée locale. « L’Eglise est missionnaire ou elle n’est pas. » ajoute Stott.
1° Comment la mission est-elle perçue et exercée aujourd’hui dans le monde évangélique ?
On découvre un large éventail de réponses qui sont liées aux divers arrière-plans théologiques, philosophiques, dénominationnels et culturels.
Je vous propose cette définition simple et assez large de la Mission chrétienne :
La Mission est la tâche confiée par Christ à Son Eglise pour apporter le salut au monde.
Cette mission comprend l’évangélisation ou proclamation orale, mais elle ne se limite pas à la communication verbale (voir Matthieu 28, 19-20 « Faites des disciples… Enseignez-les… »)
Elle concerne aussi toutes les autres formes de travail (social, humanitaire, etc.) qui permettent de créer des ponts avec les populations et avec les individus, et d’introduire le témoignage de l’amour de Dieu pour eux (voir Matthieu 5 :13-16 « Vous êtes la lumière du monde…Vous êtes le sel de la terre.. »)
La Déclaration de Lausanne, qui a conclu le Congrès international pour l’évangélisation mondiale (CIPEM) qui s’est tenu à Lausanne en juillet 1974, contient dans son introduction cette affirmation : « Nous croyons que l’Évangile est la Bonne Nouvelle de Dieu pour le monde entier. Avec l’aide de sa grâce, nous sommes décidés à obéir au commandement du Christ : proclamer cet Évangile à l’humanité entière et faire de toutes les nations des disciples. »
Le document décline ensuite 15 articles : plusieurs sont consacrés à l’évangélisation du monde, incluant la « responsabilité sociale » des chrétiens. Les trois autres Congrès mondiaux du Mouvement de Lausanne (Manille 1989 ; Cape Town 2010 et Séoul 2024) ont repris, mis à jour et affiné les affirmations de la déclaration initiale.
A ce jour, le site internet du Mouvement de Lausanne (https://lausanne.org/fr) écrit dans sa présentation : « Nous continuons à envisager et œuvrer en faveur d’un monde dans lequel on voit : l’Évangile mis à la portée de chacun ; des Églises qui font des disciples, accessibles à tous les peuples en tout lieu ; des leaders à l’image du Christ dans chaque Église et dans chaque secteur ; et un impact du royaume dans chaque sphère de notre société ».
2° Des points de vue ou des « angles d’attaque » différents, mais complémentaires :
Une approche « extrême » affirme que la mission consiste uniquement dans l’évangélisation, c’est à dire la proclamation verbale de la Bonne Nouvelle et du salut individuel en Jésus-Christ. Selon cette conception, les autres activités missionnaires ont peu de place, elles ne sont faites que dans le but de d’annoncer l’Evangile. Il y a ici des dangers évidents, notamment :
- On voit seulement des « âmes à sauver », et non des personnes avec l’ensemble de leurs besoins ;
- On fait peu cas des « cultures locales », avec le risque d’exporter consciemment ou non des modèles culturels occidentaux ;
- Sur les terrains missionnaires, on pourra être facilement accusé de prosélytisme, de colonialisme évangélique, parfois de paternalisme, etc.
Une autre approche « œcuménique » ou de type « évangile social » glisse vers un autre extrême : de ce côté-là, la mission consiste à établir la paix dans le sens d’une harmonie sociale. Par exemple, on va s’investir dans certains combats comme l’émancipation des races, le développement rural et social, la recherche d’éthique et d’intégrité dans les relations humaines et dans la société, etc. Ces valeurs sont bonnes et légitimes selon la pensée biblique ; cependant, le danger principal est de progressivement négliger voire mettre de côté la proclamation de l’évangile.
Cette approche a pris de l’ampleur à la fin du 19e et début du 20e siècle, avec la théologie libérale (qui nie par ailleurs certains enseignements fondamentaux de la Bible), puis la théologie de la libération, née après la seconde guerre mondiale, qui a cherché à combattre les racines de l’oppression politique et économique, de la pauvreté, etc. sur fond de marxisme, notamment en Amérique Latine.
Parmi les dangers qui se sont révélés avec le temps :
- On insiste beaucoup sur la réconciliation horizontale entre les hommes, et on peut rapidement oublier la réconciliation verticale, avec Dieu ;
- On parle de libération économique et politique, de renouveau social , etc. Avec le risque de les assimiler à un renouveau divin ; alors que celui-ci commence par un changement intérieur de l’individu, et une réconciliation avec Dieu et les hommes.
3° L’Evangile biblique du Royaume de Dieu, inauguré par le message et la vie et l’œuvre de Jésus est la seule vraie réponse à toutes les questions individuelles et sociétales. Parce que le péché humain est le problème fondamental qui se trouve à la racine de tous nos maux.
Avec la venue de Jésus, Messie promis et Fils de Dieu, le Royaume des Cieux a fait irruption sur la terre.
Matthieu 4 :17 « Dès ce moment Jésus commença à prêcher, et à dire : Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche ».
- tout être humain créé à l’image de Dieu, a une valeur pour laquelle Christ a versé son sang ;
- le point de départ d’une vraie démarche spirituelle, souligné par Jésus, est la repentance personnelle ;
- opprimer l’être humain est un péché contre Dieu, tout système humain oppresseur est ennemi de Christ.
A la suite du Seigneur ressuscité et glorifié dans les Cieux, l’Eglise, constituée des croyants nés de nouveau et remplis du Saint-Esprit, poursuit la mission commencée par Jésus.
Marc16 :15-17 « Allez dans le monde entier proclamer la Bonne Nouvelle à toute la création… Et voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru.. »
Jean 20 :21 « Tout comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ».
- Une approche holistique de la mission vise à :
– Répondre à l’ordre laissé par Jésus en Matthieu 28 : 19 : « faites disciples toutes les nations »
– Appeler chaque être humain sur cette terre à se repentir devant Dieu et croire en Christ ;
– Prendre soin des pauvres, des faibles, des malades, etc.
– Implanter des églises locales qui incarnent et annoncent l’évangile ;
– Encourager les croyants à soumettre leur vie à l’autorité de Christ ;
– Promouvoir la pratique de la justice, la vérité, la réconciliation, etc.
– Prendre soin de la création dans son ensemble, établie pour la gloire de Dieu et pour le bien de l’être humain.
– Etc.
Romains 14,17 « Car le Royaume de Dieu.. c’est la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit »
4° L’Evangélisation est le centre de la mission : Celle-ci consiste à prêcher le pardon des péchés, à appeler les hommes à la repentance et à la foi en Jésus-Christ, pour qu’ils deviennent membres de sa communauté sur terre, en étant soumis au Saint-Esprit.
Luc 24: 46-47 « … Le Messie souffrirait et il ressusciterait le 3e jour, et la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem ».
Quelques conseils pratiques sur le terrain de mission :
- Tout ce que nous faisons et disons doit glorifier Dieu et Christ.
- Les missionnaires qui exercent le ministère de la Parole et l’enseignement, comme ceux qui travaillent dans d’autres domaines, ont tous des rôles importants et complémentaires.
- Tous les programmes missionnaires doivent se fixer comme but final l’implantation d’églises locales et leur croissance, étant fidèles à la Parole et attentives aux besoins des pauvres.
- Faites tout pour éviter la dépendance financière et l’aide extérieure à long terme.
- L’assistance est indiquée dans les cas d’urgence (guerre, catastrophe naturelle, réfugiés, etc.) ; pour une aide à long terme, les actions de développement seront plus efficaces.
- Les missionnaires travaillant parmi les pauvres ne doivent pas donner l’impression de profiter de cette pauvreté pour les « gagner » à la Foi chrétienne.
- Le travail des missionnaires se termine lorsque des personnes sont converties et deviennent disciples ; que des communautés locales se forment et se répandent ; et que les leaders autochtones sont formés pour conduire et faire grandir le mouvement.










